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En Australie, deux demandeurs d’asile s’immolent par le feu

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La petite île du Pacifique Sud de Nauru tente de ramener le calme parmi les 500 demandeurs d’asile qui y sont maintenus pour le compte de l’Australie. Début mai, deux personnes se sont immolées par le feu et de nombreux cas d’automutilation sont recensés chaque semaine.

L’inflexible politique d’immigration menée par l’Australie [dite la « solution du Pacifique », NDLR] lui permet d’intercepter les demandeurs d’asile qui tentent d’atteindre l’Australie par bateau, en payant des passeurs. Interceptés en mer, ils sont directement conduits dans le camp situé sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou bien sur la petite île de Nauru, où ils attendent alors le traitement de leur demande d’asile.

Loin des côtes australiennes, le centre de rétention de Nauru a été largement critiqué par les Nations Unies et les organisations de défense des Droits de l’Homme en raison des conditions de détention particulièrement difficiles et de rapports faisant état de maltraitance sur les enfants. De nombreux cas d’automutilation ont été relevés parmi les personnes détenues.

Le centre de Manus bientôt fermé

Le 2 mai dernier, une jeune femme, d’origine somalienne s’est immolée par le feu*. C’est le second événement de ce genre en une semaine. La première victime [un jeune iranien de 23 ans, NDT] a succombé à ses blessures.

La République de Nauru a indiqué qu’elle travaillait à trouver un foyer permanent pour ses demandeurs d’asile. Sur une vidéo postée sur le site du gouvernement le ministre des Affaires multiculturelles de Nauru, David Adeang, a déclaré :

«Je tiens à vous assurer qu’un avenir à long terme et des options pour une installation permanente sont activement à l’étude et prévus pour vous.
« Mais pour le temps où vous êtes sur Nauru, nous vous exhortons à utiliser cette période de manière constructive et pacifique. »

Les détenus cependant, dont beaucoup sont à Nauru depuis plusieurs années, font état de fortes tensions ; beaucoup ont perdu tout espoir. Amir Zaire, un Iranien de 30 ans, témoigne :

« Je n’ai plus envie de vivre. Je vois ma femme souffrir et je ne peux rien faire, je ne peux rien changer. Nous vivons dans ce camp depuis trois ans, comme des animaux ».

Alors que les tensions à Nauru s’accentuent, la fermeture du second centre de détention « offshore » de l’Australie, situé, sur l’île de Manus, au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a été ordonnée par la Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui juge l’installation illégale. Une décision qui laisse le futur des 850 détenus dans une incertitude encore plus totale.

Depuis l’annonce de cette fermeture, l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, se renvoient la responsabilité pour savoir à qui reviendra la charge de la réinstallation des centaines de personnes détenues dans le camp de Manus.

Des actions en justice (pour violation des Droits de l’Homme, ndt) ont été lancées en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie, avec à leur tête, des avocats représentant la majorité des détenus de Manus. Ils plaident pour la réinstallation immédiate de leurs clients sur le sol australien.

Mais le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, a déjà réaffirmé ce 5 mai, que les détenus de l’île de Manus ne seraient pas réinstallés en Australie.

Traduction : Camille Salord
Source: Colin Packham and Nick Macfie/Reuters Nauru urges calm among desperate asylum seekers after self-immolations
Photo: John Englart (Takver) / Flickr

* Mise à jour du traducteur : selon la presse australienne, Hodan Yasin, la jeune femme qui s’est immolée lundi 2 mai, est brulée à 70%. Elle est toujours dans un état critique.

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