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Appel au prochain président pour faire stopper les meurtres de journalistes aux Philippines

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Le prochain président prié de régler les assassinats de journalistes et les violations de la liberté de la presse. Durant la Présidence de Benigno Aquino III, 31 journalistes ont été assassinés, portant le total à 171 depuis 1986.

Compte tenu de la mauvaise position des Philippines dans le récent Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2016, l’Union nationale des journalistes philippins (NUJP) a appelé le prochain président à s’attaquer avec détermination aux assassinats de journalistes. D’après ce classement les Philippines figurent à la 138e place sur 180 pays avec un score de 44,6 points, suffisant pour être considéré comme « mauvais » sur la carte de la liberté de la presse.

La NUJP s’est déclarée attristée mais pas surprise du mauvais classement du pays. De son côté, RSF a noté que « les assassinats de journalistes aux Philippines restent généralement impunis » et que, dans un tel climat de peur, « les journalistes succombent à l’autocensure ».

RSF a utilisé plusieurs indicateurs pour évaluer le niveau de liberté de la presse dans chaque pays, y compris les abus et la violence, l’indépendance des médias, la transparence et le cadre législatif.

Selon la NUJP, le gouvernement Aquino n’a pris aucune mesure pour mettre fin aux assassinats de journalistes, à l’instar des autres administrations avant lui. Elle estime que les recommandations proposées par les observateurs des médias telles que la formation d’équipes de réaction rapide et le renforcement du programme de protection des témoins, entre autres, ont été largement ignorés. Et d’ajouter :

« M. Aquino a personnellement affiché son indifférence envers les attaques et les menaces visant les journalistes et a montré à maintes reprises une franche hostilité envers une presse critique ».

Sous la surveillance du président Benigno Aquino III, 31 journalistes ont été assassinés, ce qui porte le total à 171 depuis 1986. Neuf autres ont survécu à des tentatives de meurtres et 37 ont reçu des menaces de mort.

Le massacre d’Ampatuan toujours impuni

La NUJP a déploré que seule une poignée d’hommes armés ait été condamnée mais aucun commanditaire. Elle spécifie aussi que malgré les progrès réalisés dans le cas du meurtre du journaliste radio Gerry Ortega sur l’île de Palawan, avec les cerveaux présumés en instance de procès et, espérons-le, une condamnation, cela est principalement dû aux efforts déployés par la famille d’Ortega et les médias :

« Même le soi-disant super corps composé de plusieurs agences gouvernementales n’a pas résolu les assassinats de journalistes ».

Le groupe a également exprimé sa déception de la lenteur du procès Ampatuan. Après plus de 6 ans, plus de 70 suspects sont toujours en liberté. L’un des principaux, Sajid Islam Ampatuan, a été libéré le 9 mars dernier, après avoir payé une caution de 11,6 millions. 16 autres policiers accusés ont également été libérés sous caution.

Le NUJP défie celui qui gagnera les élections du 9 mai de s’attaquer de manière décisive à l’impunité, notamment en entreprenant des réformes significatives qui permettront d’ouvrir la voie à la résolution des assassinats de journalistes et de mettre fin au carnage, et aussi d’adopter une législation qui garantirait la liberté d’information et l’exercice de la liberté de la presse, en général.

Traduction : Élodie Prenant
Source : Ronalyn V.Olea / Bulatlat Next Prexy Urged to Address Media Killings Press Freedom Violations
Photo : Bulatlat

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