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La Chine critiquée pour son contrôle du Mékong

Barrage_Manwan_Mekong

La Chine contrôle le niveau d’eau du Mékong depuis plus de deux décennies. Une pratique qui ruine le mode de vie des populations des pays en aval, selon la société civile.

La Chine a relargué l’eau d’un barrage du Yunnan (Chine) affirmant que cette pratique avait pour objectif de réduire la sécheresse pour les pays en aval du Mékong. Mais cette pratique a causé une élévation brutale des niveaux d’eau du fleuve, ce qui a eu un effet conséquent sur les populations locales.

En réponse, le Réseau du peuple thaï des huit provinces du Mékong (The Network of Thai People in Eight Mekong Provinces) a organisé à Bangkok, au siège du service volontaire thaïlandais, un séminaire intitulé «  Mékong : à qui appartient ce fleuve ? La Chine nous sauve-t-elle réellement de la sécheresse ? ». Lors de ce débat, Montree Chanthawong, de la Fondation pour la Restauration Ecologique (Foundation for Ecological Recovery), a déclaré que la Chine contrôlait arbitrairement le Haut Mékong depuis 23 ans. Par conséquent, la récente crue brutale du Mékong n’avait rien de nouveau, mais le problème est que la Chine affirme qu’elle agit ainsi au bénéfice des pays en aval, ce qui selon lui n’est absolument pas vrai :

« Les raisons d’être des six barrages sur le Mékong en Chine sont la production d’électricité, la navigabilité des bateaux de marchandises et le stockage de l’eau au cours de la saison des pluies. La Chine ne s’est jamais souciée des populations locales ».

Depuis que la Chine a construit ses six barrages, le niveau d’eau fluctue de manière imprévisible.

Disparition des zones de pêche

Il ajoute qu’avant le premier barrage, celui de Manwan construit en 1993, le niveau d’eau s’élevait et s’abaissait de manière naturelle et prévisible. Mais depuis que la Chine a construit ses six barrages, le niveau fluctue de manière imprévisible. Cela affecte directement le mode de vie local dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, du tourisme et du fonctionnement des écosystèmes.

Ormbun Thipsuna, du Conseil Communautaire des sept sous-districts du Mékong, déclare que selon les études écologiques, le Mékong était concerné par au moins 20 zones de pêche sur le territoire thaïlandais. Auparavant, les populations locales délimitaient ces zones et convenaient de ne pas empiéter les unes sur les autres. Mais cela n’est plus possible depuis que la fluctuation des niveaux d’eau a entraîné la destruction de la plupart des zones de pêche.

À l’issue du séminaire, le Réseau du peuple thaï des huit provinces du Mékong a lu une déclaration demandant aux gouvernements des six pays du Mékong – Chine, Thaïlande, Cambodge, Laos, Birmanie et Vietnam – de prendre en compte les communautés locales de l’aval du fleuve et de reporter les futures constructions de barrage sur le Mékong.

Traduction : Marie-France Leccia
Source : Kornkritch Somjittranukit / Prachatai Civil society condemns China for controlling Mekong
Photo : International Rivers

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