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Philippines : Les enjeux des élections présidentielles

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Les élections de 2016 sont une chance de changement aux Philippines. Malgré une forte croissance, la corruption et les inégalités au sein de la société ravagent le pays.

Auparavant surnommée « l’homme malade » de l’Asie, la Cinquième République des Philippines est l’une des économies d’Asie du Sud-Est connaissant la croissance la plus rapide. Cette hausse régulière peut, au moins partiellement, être attribuée au style de gouvernance relativement compétent du Président Benigno Aquino (comparativement à ses prédécesseurs, NdT). Pour le passage de témoin, il y a bien plus en jeu.

Culture de la corruption

Une culture de corruption profondément enracinée reste un fléau embarrassant pour la nation. Même imparfaits, les efforts de l’administration Aquino pour réduire la fraude ont réchauffé le climat d’investissement dans l’archipel, conduisant à une croissance moyenne de 6%.

Dans un pays pauvre empoisonné par une histoire remplie de prête-noms hautement corrompus, la durabilité de cet élan de réforme est essentielle au développement continu de la nation, et à la confiance à la fois des investisseurs et des citoyens.

La culture de corruption profondément enracinée reste un fléau embarrassant pour le pays.

Des inégalités croissantes

Si l’on regarde plus loin, les inégalités restent un sujet brûlant. Manille se vante de ses gratte-ciels qui projettent leur ombre sur les bidonvilles adjacents. Une telle disparité de prospérité entre les plus riches et les plus pauvres restera élevée selon les prévisions, ce qui signifie que les récents gains économiques ne se diffusent pas assez profondément. Le crime, l’éducation, l’emploi et l’accès aux soins dominent aussi les préoccupations des électeurs.

Une autre question centrale qui agite la nation est le conflit dans la partie musulmane de Mindanao, particulièrement en raison de l’incapacité de l’administration Aquino à faire adopter la longtemps négligée Loi Basique Bangsamoro en 2015.

La campagne pour l’élection présidentielle commence officiellement le 9 février. Le vainqueur, quel qu’il soit, recevra les clés du convoité palais Malacañang et la conduite de la nation pour les six prochaines années.

Dans la vie politique des Philippines, la personnalité est l’élément-clé. La vibration d’un nom, d’un visage ou d’une voix résonne au-dessus du pinaillage sur les orientations partisanes et les différences de politiques. Pourtant, le charisme ne signifie pas toujours la compétence – parmi les leaders du monde les plus corrompus par les détournements de fonds, les Philippines apparaissent deux fois. L’intégrité du successeur d’Aquino est une chose sur laquelle les forces vives voudront des assurances en béton.

Dans un scrutin aussi coupe-gorge, ou même les données des sondages ne sont pas fiables, les élections 2016 prennent la tournure d’une frénésie générale, et l’arène est pleine à craquer. Les élections 2016 feront date en montrant si l’un des plus vieilles démocraties d’Asie échappe à la tendance supposée d’une régression démocratique en Asie du Sud Est, ou si elle rampe vers le passé, sous les ombres dictatoriales. À quatre mois de l’échéance, il est temps pour le monde de scruter Manille d’un oeil attentif.

Traduction : Nicolas Briand
Source (Mish Khan* / New Mandala) : The marathon to Malacañang Palace
Photo : Photo officielle du gouvernement des Philippines.

* Mish Khan est éditeur associé de New Mandala et étudiant en 3è année d’études Asiatiques à l’Université Nationale Australienne.

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