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Un étudiant thaïlandais poursuit en justice des militaires pour enlèvement et sévices

Un militant anti-junte connu, qui a été enlevé et aurait été maltraité le 20 janvier dernier, a porté plainte contre des officiers militaires. De leur côté, les organisations des Droits de l’Homme exhortent la junte à cesser les arrestations arbitraires et à lever l’interdiction des rassemblements politiques.

Sirawit_SerithiwatLundi 25 janvier dernier, à 14h, Sirawit Serithiwat, un leader étudiant de l’Université Thammasat, militant en faveur de la démocratie et Anon Nampa, avocat des droits de l’homme, ont déposé une plainte au poste de police de Khlong Luang dans la province de Pathum Thani, contre les officiers militaires qui l’ont détenu la semaine dernière.

Mercredi 20 janvier, Sirawit a été enlevé à l’Université Thammasat, au Campus Rangsit, et aurait été victime de sévices par 8 officiers militaires avant d’être transféré au poste de police de Nimit Mai. Trois autres militants ont également été arrêtés par la police le lendemain matin après être allés au poste de police pour lui apporter un soutien moral.

Le militant ne connaît pas l’identité des militaires qui l’ont enlevé. Toutefois, il a déclaré qu’il y avait 4 à 5 officiers qui l’avaient emmené de force dans une voiture et qu’ils portaient des masques blancs quand ils l’ont enlevé. Sirawit a accusé les officiers de malfaisance, de détention illégale et de violence physique et psychologique.

Le même jour, exhortant le gouvernement militaire à mettre fin aux arrestations arbitraires et à abandonner l’ordre N°3/2015 du Conseil national pour la paix et le maintien de l’ordre (NCPO) – qui permet à la junte d’interdire les rassemblements politiques – l’Association des Avocats pour les Droits de l’Homme (HRLA), l’Union pour les Libertés Civiles (UCL), et la Fondation thaïlandaise pour le droit de l’environnement (EnLaw) ont publié une déclaration commune.

Le communiqué indique que l’Etat thaïlandais, faisant partie de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT) et du Pacte international sur les droits civils et politiques (PIDCP), devrait respecter les normes internationales dans les cas d’arrestations et de détentions et autoriser les rassemblements politiques pacifiques.

Or, actuellement, en vertu de l’article 44 de la Constitution provisoire, les agents de sécurité ont un pouvoir absolu sur les questions de sécurité nationale dans le pays sans être tenus responsables de leurs actes.

Traduction : Élodie Prenant
Source : Editor2 / Prachatai Anti-junta activist sues military over abduction and abuses
Photo : Portrait de Sirawit Serithiwat.

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