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Les hôpitaux en Asie ont du mal à faire face à la dengue

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Ces derniers mois, des milliers de personnes en Asie touchées par la dengue mettent les services médicaux à rude épreuve, confirmant la nécessité d’une stratégie à long terme pour lutter contre cette maladie parfois mortelle.

Manille – Thomson Reuters Fondation : Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la dengue est la maladie tropicale dont la propagation est la plus rapide au monde. Les spécialistes de la santé ont déclaré que les hôpitaux étaient submergés de milliers de gens à la recherche d’un traitement contre des symptômes comme une forte fièvre, des vomissements et des douleurs articulaires. Les Philippines, le Myanmar, la Malaisie, Taiwan, la Thailande et le Vietnam figurent parmi les pays dans lesquels la dengue, transmise par les moustiques, est en forte progression. En Inde, New Delhi est en proie à sa pire épidémie depuis près 20 ans.

Il n’existe aucun traitement contre ce virus, et généralement on conseille aux malades de se reposer, boire beaucoup, prendre des médicaments pour faire baisser la fièvre et réduire les douleurs articulaires. Martin Hibberd, professeur des maladies infectieuses à la faculté d’hygiène et de médecine tropicale à Londres, constate que « l’épidémie actuelle de dengue risque d’influer sérieusement sur les systèmes de santé » : « Ces patients gravement malades avec des symptômes aigus doivent être traités rapidement pour éviter des complications », explique-t-il. L’importance de l’épidémie a obligé certains hôpitaux à faire des choix difficiles. À New Delhi, un couple s’est donné la mort (ils ont sauté d’un toit) après le décès de leur fils de 7 ans atteint par la maladie qui s’est vu refuser l’entrée de plusieurs hôpitaux de la ville, tous les lits étant occupés par des malades de la dengue. Les bulletins d’information confirment que d’autres familles avec des enfants gravement malades et des parents âgés sont renvoyés d’un hôpital à l’autre à cause d’un manque de lits ou faute d’équipement.

Situation explosive

Dans les années 1950, la dengue n’affectait qu’une poignée de pays. Elle sévit désormais dans plus de 125 pays, dépassant la malaria, la plus célèbre pandémie transmise par les moustiques. L’OMS estime qu’environ 50 millions de nouveaux cas de dengue surviennent chaque année. Mais une récente étude estime que ces chiffres devraient être multipliés par quatre.

Dans la région Asie Pacifique, la chaleur, le climat humide et les fréquentes inondations liés au changement climatique créent les conditions favorables pour la reproduction des moustiques vecteurs de la dengue. Du fait des inondations récentes causées par le typhon Koppu, l’OMS considère que la situation des Philippines est alarmante et que le nombre de cas de dengue déjà en hausse de 32% par rapport à l’année dernière va augmenter – 108263 cas aujourd’hui. Elle rapporte également qu’en Malaisie, plus de 96000 cas ont été enregistrés, soit une hausse de 19% depuis le début de l’année. Au Myanmar, en grande partie inondé en juillet et en août, les autorités ont relevé de janvier à septembre pas loin de 36000 cas, soit presque 200% de plus que l’année dernière à la même époque, le chiffre le plus élevé depuis le commencement de ce recensement en 1965, rapporte le Myanmar Times.

Cette flambée de cas de dengue est étroitement liée à l’augmentation des mouvements de population et de marchandises en zone urbaine, expliquent les spécialistes de la santé. « Cette maladie est très délicate à éradiquer pour deux raisons : elle se multiplie dans les zones à forte concentration de population et les moustiques piquent la journée, contrairement à ceux de la malaria », explique le professeur Hibberd. En général, le moustique de la dengue vit à l’intérieur des habitations ou dans les cours et pond ses oeufs dans des pots de fleurs ou d’autres endroits aquatiques. Aux dires des spécialistes de la santé, alors que l’attention se concentre sur l’éradication de la malaria dont le taux de mortalité est supérieur, la lutte contre la dengue manque d’un plan à long terme et se cantonne à limiter l’épidémie.

Selon Xavier Castellanos, directeur régional de la région Asie Pacifique à la Croix Rouge Internationale “cela requiert de passer d’une réponse à des cas isolés à une stratégie d’investissement vers un contrôle du vecteur de l’infection efficace, un meilleur accès aux services de santé et une gestion clinique plus précoce”. Aucun vaccin n’existe encore contre la dengue mais des essais cliniques sont en cours et le laboratoire français Sanofi espère obtenir pour bientôt l’homologation du premier vaccin mondial contre la dengue.

Traduction : Michelle Boileau
Source (Astrid Zweynert / Thomson Reuters Foundation) : Dengue fever sweeps Asia, hospitals struggle to cope
Photo : Sanofi Pasteur / Flickr (Traitement contre la dengue à Bangkok)

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