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Mechai Viravaidya, portrait d’une Thaïlande ordinaire


Ce texte de Lionel Corchia est publié dans le dernier numéro de Gavroche Thaïlande. Nous le reproduisons en vertu d’un partenariat d’échange de contenu. Vous pouvez découvrir le sommaire de Gavroche ici.

Politicien et militant thaïlandais, affectueusement surnommé Mister Condom, Mechai Viravaidya est une véritable institution en Thaïlande. Il a promu sous l’égide de son ONG l’autonomie rurale, la planification familiale et a sensibilisé toute une nation à son combat contre le sida depuis près de 50 ans.

Mechai Viravaidya est né à Bangkok en 1947 de mère écossaise et de père thaïlandais, tous deux médecins. Une famille de quatre enfants dont son frère cadet, Sunya, fut le fondateur Pattaya International Hospital. Il partit étudier à la Geelong Grammar School et au Trinity College de l’université de Melbourne en Australie avant de revenir en Thaïlande au milieu des années 1960 où il fonda PDA (Population and Community Development Association) en 1973, plaçant l’éducation et la formation au centre de ses combats afin de lutter contre la pauvreté en milieu rural.

Mechai Viravaidya servit comme vice-ministre de l’Industrie en 1985 et fut nommé sénateur en 1987. Un coup d’Etat militaire en 1991 le propulsa au ministère du Tourisme et de la Santé. Il devint le président de la Foundation for International Education durant près de dix ans, avant d’être nommé ambassadeur de l’ONUSIDA en 1999. De nouveau élu sénateur en 2004, il ne cessa en même temps de superviser PDA, à présent la plus grande ONG thaïlandaise avec 800 employés et 12.000 bénévoles. Un parcours politique bien chargé qui lui permit d’asseoir ses combats sociaux dans le paysage national. Il fut honoré par de nombreux prix, la Médaille d’or de la Paix des Nations Unies en 1981.

Une nouvelle école de la pensée

« Les gens choisissent de travailler dans l’industrie du sexe par manque d’éducation et d’opportunités. Nous pouvons changer cela en donnant les bonnes armes à nos villages afin que leurs habitants ne migrent pas et gagnent leur vie de manière autonome. » Khun Mechai vint rapidement à la conclusion que la croissance de la population était une entrave au développement rural. Il établit dès 1973 un organisme communautaire afin de réduire la pauvreté par la planification familiale, les programmes environnementaux et l’éducation. Sitôt après son mariage, il s’investit dans la fondation PDA qu’il créa avec des emprunts personnels. Plus de 25.000 villageois et 3.000 membres dans 43 communes sont aujourd’hui impliqués.

Dès les années 90, la surindustrialisation en Thaïlande provoqua migrations et appauvrissement de l’environnement rural. De nouvelles aides fiscales et logistiques furent alors mises en place, incitant les entreprises à s’implanter à l’extérieur de Bangkok afin de favoriser la main d’œuvre locale. « Nos premières écoles privées et surtout gratuites, Lamplaimat Pattana et Bamboo School à Buriram, ont une dizaine d’années et suivent le cursus national classique du collège au lycée. Chaque élève doit faire 400 heures de travaux d’intérêt général et s’investir afin de bénéficier des bienfaits de cette institution. Ils développent ainsi leur environnement, sont sensibilisés à la reforestation, formés à l’agriculture et aux dernières technologies afin de gérer de manière responsable leur école, sans avoir besoin d’attendre les budgets du gouvernement », explique Khun Mechai. L’intégration des personnes à mobilité réduite est encouragée et une collaboration étroite avec d’autres établissements pour élèves handicapés s’est engagée. «Nous obligeons tous nos étudiants à se déplacer et à travailler en chaise roulante une fois par semaine afin de les sensibiliser. De même, nous avons instauré un dimanche soir sans repas afin qu’ils connaissent la privation et deviennent plus critiques face à certaines réalités sociales », continue-t-il. Un système d’éducation à présent appliqué à certaines écoles publiques.

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