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Cambodge : les autorités acceptent la première phase d’un plan de soutien aux expulsés

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Selon l’Union européenne, après plus d’un an de polémique, le gouvernement cambodgien a accepté la première partie d’un plan global destiné à offrir une compensation aux familles dont des terres auraient été confisquées pour faire place à des exploitations de canne à sucre.

Ces plantations servent à l’exportation de sucre vers l’Europe, dans le cadre d’un plan commercial européen préférentiel et non taxé que l’Union européenne ouvre aux pays les plus pauvres ; malheureusement, elles sont à l’origine de la démolition de nombreuses maisons et ont privé des milliers de familles de leurs champs dans tout le pays. Les personnes expulsées et des ONG ont demandé à maintes reprises à l’UE de mettre un terme au traitement fiscal de faveur accordé au sucre cambodgien mais en vain. Toutefois, l’Europe tente depuis l’an dernier de convaincre les autorités cambodgiennes d’instaurer un système de compensation équitable pour les familles concernées.

Cette semaine, le gouvernement aurait donné son accord pour la première partie de ce plan, selon l’Union européenne. Les personnes jugeant qu’elles ont droit à une compensation, ou que la compensation reçue n’est pas suffisante, verront désormais leur demande examinée.

Dans un courriel, l’Europe explique que la première phase destinée à identifier les demandeurs ayant droit, a obtenu approbation. La seconde phase, qui concerne les mécanismes de compensation, fait toujours l’objet de débats. Malgré nos demandes, l’Union européenne n’a pas donné davantage de détails sur la nature exacte des clauses approuvées.

Le gouvernement a mis en place un comité interministériel dédié, présidé par le ministère du Commerce, pour mener à bien les négociations. Kem Sithan, secrétaire d’État du ministère du Commerce en charge du comité, n’a pas donné de commentaire. Ken Ratha, porte-parole du ministère, a annoncé qu’il n’était pas au courant de la teneur des débats.

Aucune information n’a été communiquée sur le type de compensation que les demandeurs éligibles pourraient recevoir. Pour la plupart, les personnes expulsées veulent récupérer leurs terres, que les autorités ont toujours répugné à leur rendre. Celles qui accepte les compensations, presque toujours sous la contrainte, se retrouvent avec de l’argent ou une parcelle quelque part, mais rarement assez pour couvrir leurs pertes. La plupart de ces gens finissent par s’endetter.

L’Union européenne espère que les familles compensées dans le cadre du plan qu’elle essaie d’instaurer avec le gouvernement retrouveront au moins, si ce n’est plus, les conditions de vie dont elles jouissaient avant leur expulsion.

Cependant, Eang Vuthy, directeur administratif d’Equitable Cambodia, ONG qui a défendu les droits de nombreuses familles pouvant prétendre aux compensations, estime qu’il y a peu de chances qu’un accord final aboutisse. « Nous espérons que l’Union européenne et les autorités trouvent une solution rapidement parce que le peuple souffre depuis bien longtemps déjà, » constate-t-il.

En 2014, l’Union européenne a importé pour 17,4 millions de dollars de sucre du Cambodge, ce qui représente moins que les importations de l’année précédente, mais tout de même le montant le plus élevé depuis que la non-taxation des échanges commerciaux a été étendue au pays en 2009.

Traduction : Cindy Presne
Source (Zsombor Peter/Cambodia Daily) : Gov’t, European Union Agree to First Phase of Deal for Evictees
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