AlterAsia

Politique

Thaïlande : la présentation publique d’un rapport sur les droits de l’homme annulée

FCCT

La présentation publique d’un rapport sur les droits de l’homme réalisé par l’association Avocats thaïlandais pour les droits de l’homme (TLHR) a été interdite par la police. À la suite de cet incident, l’association a accusé la junte militaire d’entraver la liberté d’expression et celle de se réunir. La junte a immédiatement rejeté ces deux accusations.

Le 5 juin dernier, le Colonel Winthai Suwaree, porte-parole du Conseil National pour la Paix et l’Ordre (CNPO, nom de la junte au pouvoir), a expliqué que la TLHR n’avait pas coopéré avec le CNPO, qui n’a donc pas pu examiner l’ordre du jour de cette réunion en amont, afin de s’assurer que le contenu était de nature pacifique et fiable. Il a rappelé que le CNPO devait approuver les détails de toute manifestation publique avant de donner son autorisation.

Le jeudi 4 juin, le rapport de la TLHR sur l’état des droits de l’homme dans l’année post-coup d’État devait être dévoilé au Club des Correspondants Étrangers de Thaïlande (FCCT), dans le centre de Bangkok. La police a envoyé une lettre à l’intention du FCCT lui « demandant son entière coopération » pour que l’événement soit annulé car sa tenue entrainerait un risque d’instabilité et de troubles dans la situation actuelle.

Dans son rapport, l’association rappelle que les autorités ont interrompu au moins 71 événements ouverts au public durant l’année suivant le coup d’État intervenu en mai 2014. Pour elle, ces interdictions sont des violations des droits de l’homme et vont à l’encontre de l’établissement d’une démocratie en Thaïlande.

Une vingtaine de personnes, des médias et des représentants d’ambassades étrangères et d’organisations internationales se sont néanmoins rendues à la réunion interdite pour apporter leur soutien à la TLHR et au FCCT. Malgré la demande initiale de la police, la TLHR a tenu sa conférence de presse à 18h devant le bâtiment du FCCT pour expliquer les raisons de l’annulation de l’événement.

« C’était ironique. Après une année écoulée la situation aurait dû s’améliorer mais elle s’est empirée. Cela ressemble à une voie sans issue. » a déclaré Yaowalak Anupan, le leader de la TLHR devant les personnes réunies sous l’étroite surveillance des policiers en civil.

Jonathan Head, le président du FCCT et correspondant de BBC News, a déclaré au Matichon Online que sa décision avait été difficile à prendre. Président d’un lieu défenseur de la liberté d’expression qui aspire à l’ouverture d’espaces de dialogue, il avait aussi dû prendre en considération la lettre envoyée par la junte et annuler l’événement.

Traduction : François Vezier
Source (/Prachataï) : Thai junta rejects allegation of denying free speech
Photo :

Print Friendly

Tagged

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.