AlterAsia

Economie

Philippines : les vendeurs ambulants de Baguio défendent leur travail de subsistance

A.Allad-iwNorthern Dispatch Weekly

« Nous ne sommes pas des criminels! Nous sommes des êtres humains et nous avons le droit de gagner notre croûte! ». Ce sont les mots d’un vendeur ambulant qui joue habituellement au chat et à la souris avec le personnel de la Division de l’ordre et de la sécurité publique (POSD) du gouvernement de Baguio City. Ces hommes de la POSD sont appelés « hommes de main » ou « gorilles » par les vendeurs car ils les poursuivent et leur confisquent leurs marchandises. Les vendeurs se plaignent d’être traités de façon inhumaine par ces hommes.

A cause de ces mauvais traitement, Daisy Bagni, la secrétaire générale d’Ornus (Organisasyon dagiti Nakukurapay nga Umili Syudad), a appelé à la décriminalisation de la vente ambulante. Selon elle, c’est le manque d’opportunités d’embauches dans la ville qui les pousse à la vente ambulante dans les rues pour nourrir leurs familles.

Nordis (Northern Dispatch Weekly), estime qu’il y a ainsi plus de 2 000 vendeurs ambulants dans la ville. Daprès Daisy Bagni, au lieu d’accorder son aide aux moins fortunés, les autorités violent leur droit à avoir un moyen de subsistance.

Osang Walitan, une vendeuse ambulante de 31 ans, s’est dit dégoûtée par les autorités municipales. « Même si nous sommes dans un lieu privé ou dans une salle pour vendre nos marchandises, ces hommes du POSD confisquent et saisissent quand même nos marchandises, et la plupart d’entre nous sont blessés physiquement», déplore-t-elle. « Ils nous traitent comme des tueurs », a-t-elle expliqué dans une interview.

Une autre vendeuse, Mercy Dumpit, 44 ans, a raconté comment la POSD avait confisqué leurs marchandises même si celles-ci étaient dans leurs sacs et non étendues sur le trottoir. Elle a déclaré que pour gagner leur vie, ils vendent dans les rues à partir de 19h. « Nous avons besoin de nourrir nos enfants ».

Les vendeurs avaient tenté de négocier avec le gouvernement de la ville, et en conséquence, ils ont reçu des pièces d’identité. Ils sont autorisés à vendre leurs marchandises aux consommateurs, mais n’ont pas le droit des les étaler au sol dans les rues.

Cependant, les hommes de la POSD, ignorent leur plaidoyer quand ils invoquent cet accord. Nordis a appris que l’arrêté municipal (tax ordinance) interdit la vente ambulante et la considère criminelle au titre de cette législation. Mais les vendeurs ont contesté cette loi « inhumaine », qui fait d’eux des criminels.

« Nous appelons le conseil municipal à abroger cette ordonnance et à reconsidérer notre situation », ont déclaré les vendeurs, qui ont demandé au journaliste de relayer leurs propos dans un article pour les fonctionnaires concernés. Ils ont aussi exhorté le maire d’être humain avec eux puisque les hommes de la POSD les traitent de façon inhumaine. « Si la vente ambulante est interdite, où est donc passé le gouvernement qui devait étendre son aide aux moins fortunés comme nous? », a conclu Osang Walitan.

Traduction : Elodie Prenant
Source (Arthur L.Allad-Iw / Northern Dispatch Weekly / Butlalat) : Baguio Vendors urge government to respect right to livelihood
Photo : Arthur L.Allad-Iw / Northern Dispatch Weekly

Print Friendly

Tagged

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.