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Santé infantile : Phnom Penh reste l’une des villes les plus inégalitaires au monde

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L’écart de survie entre la population pauvre et la classe moyenne dans les zones urbaines au Cambodge est parmi les plus importants au monde.

Dans les régions urbaines du Cambodge, les enfants pauvres sont 4,7 fois plus susceptibles de mourir avant d’atteindre l’âge de 5 ans que les enfants de parents riches, faisant de « l’écart de survie urbaine » de ce pays l’un des plus grands au monde, selon un nouveau rapport.

Publié lundi 4 mai, le 16è rapport annuel de l’ONG Save the Children sur la situation des mères dans le monde (« State of the World’s Mothers »), qui classe les meilleurs et les pires lieux pour être mère, portait sur les difficultés des mères qui élèvent leurs enfants dans un milieu urbain en développement.

Basé sur des résultats dans 5 catégories – santé maternelle, bien-être des enfants, niveau scolaire, situations économique et politique – le Cambodge est classé 132e sur 179 pays examinés. Même si, selon le rapport, l’écart de survie dans les zones urbaines du Cambodge se resserre avec des taux de mortalité pour les enfants issus de familles démunies réduits de moitié par rapport à ce qu’ils étaient il y a 10 ans.

Le rapport précise aussi que Phnom Penh a le taux de mortalité infantile le plus faible parmi toutes les capitales des pays à faibles revenus, avec 18 décès pour 1000 naissances vivantes, un chiffre qui a chuté d’environ deux tiers entre 2000 et 2010.

Selon Ranjan Poudyal, directeur de Save the Children au Cambodge, le taux élevé de mortalité au sein des enfants pauvres est dû, en partie, à l’accès limité aux soins de leurs familles : « Le problème est que les enfants pauvres des zones urbaines vivent dans des bidonvilles où il n’y aucun service de santé. Les conditions de vie sont mauvaises et par conséquent, le taux de mortalité des enfants pauvres dans les zones urbaines est beaucoup plus élevé, par rapport à la classe moyenne », a-t-il déclaré. « Quand je suis allé à la clinique ici, j’ai vu que les services n’étaient pas gratuits ; ils sont payants, et c’est un obstacle pour les gens qui n’ont pas la possibilité de payer », a-t-il ajouté.

Ly Chan Sopha, une mère qui vit de la vente de cigarettes, de sodas et vestes de pluie le long de la route dans le district de Prampi Makara à Phnom Penh, a constaté que le système public hospitalier n’était pas gratuit non plus.

« A l’hôpital des enfants, ils vous font payer. Je dépense 1,5 dollars pour acheter un billet et ensuite je dois payer le médecin pour ses services », a-t-elle déclaré mardi 5 mai. « Même si l’hôpital ne nous oblige pas à payer, je peux dire que, par leur comportement, ils n’en attendent pas moins».

Traduction : Elodie Prenant
Source (Maria Paula Brito et Ouch Sony / The Cambodia Daily) : Cambodia’s urban survival gap’ among world’s worst
Crédit photo : Walther Tjon Pian Gi / Flickr

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