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Philippines : les producteurs de noix de coco en colère

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Les producteurs de noix de coco condamnent la privatisation planifiée des actifs et des fonds de prélèvement sur la noix de coco et mettent en garde contre ce pillage programmé.

Le Président Benigno « Noynoy » Aquino III a publié le mois dernier les décrets 179 et 180 qui actent la privatisation des parts dans la Banque de l’Union des Producteurs de Noix de Coco (United Coconut Planters Bank, UCPB), San Miguel Corporation (SMC) et le Fonds d’Investissement de l’Industrie de la Noix de Coco (CIIF) Oil Mill Group.

Le prélèvement sur la production de noix de coco fait référence aux taxes ou redevances collectées auprès des travailleurs de la noix de coco à l’époque de la loi martiale. Eduardo « Danding » Cojuangco Jr, oncle du Président Aquino, s’en est servi pour acquérir l’UCPB, six huileries, 14 holdings et la San Miguel Corporation. Une valeur estimée à 1,6 million d’euros a ainsi été récupérée chez la SMC et se trouve dorénavant au Trésor public.

Bien que les deux décrets stipulent que « toutes les procédures de privatisation des actifs devraient être utilisées uniquement pour le bénéfice des producteurs de noix de coco et pour le développement de cette industrie « , les organisations de producteurs ont dénoncé ces décrets « conçus pour piller une fois de plus les fonds issus du prélèvement sur la coco ».

Le décret 179 stipule que la distribution des parts de l’UCPB sera déterminée par le gouvernement. Ce sera également le cas des parts du Fonds d’Investissement de l’Industrie de la Noix de Coco (CIIF) et de ses holdings ainsi que des 5.5 millions d’actions détenues par la Commission Présidentielle sur le Bon Gouvernement (PCGG) depuis mars 1999. Le Président a également ordonné la dissolution des entreprises du CIIF.

Parallèlement, le décret 180 mandate la Commission de Gouvernance des entreprises publiques (ou GOCC, les compagnies détenues et contrôlées par le gouvernement) pour trouver un moyen de se débarrasser des actifs non-monétaires du fonds de prélèvement sur la production de noix de coco.

Nestor Villanueva, coordinateur national du Fonds de Prélèvement sur la production de noix de coco Ibalik sa Amin (CLAIM), affirme que ces fonds et actifs sont la propriété des petits producteurs de noix de coco et non celle du gouvernement. Il considère également que la privatisation et la vente aux enchères planifiées par Aquino de l’UCPB, du CIIF Oil Mills et des autres actifs issus de la taxation sur la coco « sont un déni et un rejet pur et simple de notre revendication juste et légitime. »

Une décision prise par cupidité ?

Rafal Mariano, président du Kilusang Magbubukid ng Pilipinas (KMP) (mouvement militant et démocratique des paysans sans terre, des petits producteurs, des travailleurs agricoles, des jeunes ruraux et des femmes paysannes, ndt) explique que les décrets « démontrent clairement le niveau de cupidité élevé du Président. Il s’indigne du fait que « les décrets 179 et 180 ont renforcé le contrôle de l’Etat sur ces fonds en déclarant qu’ils appartenaient au gouvernement alors que celui-ci n’a pas versé un seul cent dans ces fonds. »

Le KMP et CLAIM soutiennent qu’« Aquino n’a aucune autorité légale ou morale pour vendre les sociétés et les actifs financés par les fonds de prélèvement sur la production de noix de coco. »

Le représentant d’Anakpawis (parti du mouvement syndical radical Kilusang Mayo Uno et du KMP, ndt) Fernando Hicap, qui a également été producteur de noix de coco, estime que « la noix de coco a besoin de ses producteurs, pas de Danding Cojuango et de son neveu Noynoy Cojuangco-Aquino. »

Le KMP et CLAIM ont averti qu’ils saisiraient la Cour Suprême pour vérifier la constitutionalité des décrets d’Aquino. Les producteurs exigent un remboursement de cet argent.

Traduction : Elsa Favreau
Source (Ronalyn V. Olea/Bulatlat) : Farmers hit privatization of coco levy funds warn of plunder
Photo : Ronalyn V. Olea/Bulatlat

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