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Philippines : arrestation d’un journaliste qui enquêtait sur une compagnie d’électricité

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Elmer James Bandol, correspondant local d’un journal en ligne, a été arrêté à Barangay Poctol, Daraga (Albay), le 5 avril dernier à la suite d’une accusation pour diffamation. Pour Altermidya, un réseau de médias philippins alternatifs, il s’agit d’une attaque aux droits d’Elmer James Bandol, mais aussi d’une atteinte à la liberté de la presse.

Elmer James Bandol, 59 ans, correspondant de BicolToday.com, avait été arrêté par des membres de la police municipale de Daraga sur la base d’un mandat délivré par le juge Honesto Villamor de la Direction régionale 44 du tribunal (Regional Trial Court Branch 44) à Masbate le 15 juillet 2012. Sa poursuite en diffamation provient de son article « Une perte de 314 millions de pesos pour la Masbate Electric Cooperative dûe à une mauvaise gestion – NEA (National Electrification Administration) » publié le 14 décembre 2011. Eduardo Margallo, ancien directeur général de la Masbate Electric Cooperative (Maselco), avait déposé plainte à l’encontre de Bandol.

Dans une interview, Bandol a affirmé qu’il n’a pas eu droit à un procès équitable. Il ajoute que le bureau du procureur de Masbate a demandé le dépôt d’accusations de diffamation contre lui, sans enquête préliminaire. Il dénonce l’affaire de diffamation contre lui comme du « harcèlement pur et simple » et affirme que son avocat, Bartolome Rayco, a déposé une demande de réexamen. Mais l’accusation était accompagnée d’une résolution demandant la délivrance d’un mandat d’arrêt. Une caution de 10 000 pesos (208 euros) a été demandée pour sa libération temporaire.

Loi sur la cybercriminalité

BicolToday.com a condamné cette arrestation. Dans un rapport, le média en ligne souligne que Bandol a été accusé alors que la loi sur la cybercriminalité n’avait pas encore été promulguée.

La loi de la République n° 10175 (Republic Act No. 10175) ou Loi sur la prévention de la cybercriminalité (Cybercrime Prevention Act) qui pénalise, entre autres, la diffamation en ligne, a été promulguée en septembre 2012. Plusieurs pétitions contestant la constitutionnalité de cette loi ont été déposées jusqu’à ce que le tribunal de grande instance rende sa décision finale sur cette affaire en février 2014. BicolToday.com a fait valoir qu’en vertu du Code pénal révisé, la diffamation est limitée aux médias de publication et de diffusion imprimés et ne couvre pas les publications en ligne.

Bandol est journaliste depuis 36 ans. Outre ses articles pour BicolToday.com, il écrit également pour Associated Press et CBCPnews.com en tant que pigiste.

Altermidya, un réseau de médias progressistes, a condamné le harcèlement contre Bandol. Pour Benjie Oliveros, porte-parole d’Altermidya : «  C’est une attaque aux droits d’Elmer James Bandol et à ceux de la liberté de la presse. C’est du harcèlement pur et simple. Cela montre d’autant plus pourquoi les Philippins épris de liberté doivent se battre pour la décriminalisation de la diffamation et contre l’adoption de la loi sur la prévention de la cybercriminalité de 2012. »

Traduction : Damien Eschbach
Source (/Bulatlat) : Online Journo nabbed for libel

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