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La répartition des richesses en Malaisie, de plus en plus inégale

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Nous nous dirigeons rapidement vers une Malaisie divisée, non pas tant par la religion ou l’appartenance ethnique comme on ne cesse de nous le rappeler, mais par le revenu et la répartition des richesses, observe le bloggeur Wandering Malaysian.

Abdul Taib Mahmud, l’ancien ministre en chef de l’Etat du Sarawak (1981-2014), n’a jamais figuré sur une quelconque liste internationale de classement des personnes les plus riches. Pourtant, selon l’indice Bloomberg (qui mesure l’évolution de la fortune des milliardaires), il est à la tête d’une fortune familiale dépassant 1 milliard de dollars.

Le Sarawak est le 3e Etat le plus pauvre de Malaisie avec un revenu moyen par ménage qui représente environ la moitié de celui de Kuala Lumpur et il accueille certaines des communautés les plus pauvres et les plus marginalisées de Malaisie. Alors, quand l’ancien ministre en chef du troisième Etat le plus pauvre amasse une immense fortune, cela ressemble à un cliché.

Mais il est en bonne compagnie. La richesse totale des 40 Malaisiens les plus riches (vous n’avez pas besoin de moi pour les lister, il suffit de chercher dans Google) est équivalent à 22% du PIB total de la Malaisie et leur part n’a cessé d’augmenter. En termes relatifs, ces beaux messieurs (malheureusement il n’y a pas encore de femmes dans leurs rangs) sont en fait bien plus fortunés que les 40 personnes les plus riches des États-Unis.

10 % de Malaisiens concentrent 40% de la richesse du pays

Les 10% les plus riches des Malaisiens ramènent ainsi à la maison 32% du revenu total du pays tandis que les 10% les plus pauvres doivent gérer avec un misérable 2%. En termes de patrimoine (biens, épargne et investissements), l’écart est encore plus frappant : au sommet, 10% possèdent 40% de la richesse totale de la Malaisie et 20% en possèdent 60 %.

La moitié inférieure de la population malaisienne ne possède que 14% de la richesse de la nation. Au sommet, 1% des Malaisiens (nos 40 amis les plus riches) gagnent 8% du revenu total ce qui correspond presque à ce que gagnent les 25% les plus pauvres. Ils contrôlent également plus de 10 % de la richesse du pays. Cela n’a pas beaucoup changé depuis les 25 dernières années.

Je peux énumérer plus de statistiques ennuyeuses, qui racontent tous la même histoire. La Malaisie a un problème persistant d’inégalités de revenus et de patrimoine qui va affecter ses perspectives de croissance à long terme à moins que des mesures spécifiques ne soient prises.

Même si la globalité des revenus des ménages augment en moyenne, l’écart de revenu relatif entre les 20% les plus riches et les 40% les plus pauvres demeure à 7 depuis 1990. L’écart relatif de revenus entre ménages ruraux et urbains en 2012 est le même que lors de l’indépendance en 1957 ! L’Etat le plus riche de Malaisie a environ trois fois plus de revenus que l’Etat le plus pauvre.

Cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’y a pas eu de progrès. Dans l’ensemble, les revenus ont augmenté, mais les riches s’enrichissent plus vite que les pauvres qui deviennent moins pauvres, quelle que soit l’origine ethnique. Certains Etats ont progressé tandis que d’autres dépérissent. Les ménages ruraux risquent de se retrouver à la traîne.

Nous avons besoin de mettre en place de nouvelles politiques pour combler l’écart croissant entre les riches et les pauvres. Nous nous dirigeons rapidement vers une Malaisie divisée, non pas tant par la religion ou l’appartenance ethnique comme on ne cesse de nous le rappeler, mais par le revenu et la répartition des richesses, ainsi que par les inégalités d’accès au pouvoir. A moins que le gouvernement ne donne un coup de main à tout le monde tout en faisant en sorte que personne ne soit laissé pour compte.

Traduction : Elodie Prenant
Source (Admin / Aliran) : Rich Malaysian, poor Malaysian
Photos : Yomadic

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