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Le caricaturiste malaisien Zunar de nouveau en justice… pour des tweets

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Le caricaturiste Zunar a été inculpé de 9 chefs d’accusation pour sédition pour avoir envoyé 9 tweets jugés « critiques ».

Le caricaturiste malaisien Anwar Zulkiflee Ulhaque, plus connu sous le nom de Zunar, a été inculpé le 3 avril dernier, de 9 chefs d’accusation pour sédition pour les tweets critiques qu’il a écrits en février sur une décision de justice politiquement sensible.

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) appelle les autorités malaisiennes à abandonner les accusations et à cesser d’utiliser la Loi sur la sédition pour intimider et menacer les journalistes.

Selon son rapport, le juge Zanol Rashid Hussain, a accepté d’entendre le réquisitoire du procureur contre Zunar et les neuf tweets du 10 février critiquant la décision de la Cour Fédérale d’incarcérer le principal leader d’opposition du pays, Anwar Ibrahim, pour sodomie. Le début du procès est prévu le 20 mai prochain.

Les tweets de Zunar incluent la caricature présentant le Premier ministre, Najib Razak, comme le président du tribunal dans l’affaire contre Anwar avec un texte insinuant que le verdict était motivé par des raisons politiques, relatent les médias.
Zunar a été détenu pendant trois jours en février dernier, pendant que la police effectuait une enquête sur ces accusations.

Latheefa Koya, l’avocate de Zunar, a déclaré aux journalistes que le dessinateur risquait jusqu’à 43 ans de prison s’il était reconnu coupable des 9 chefs d’accusation de sédition.
La sédition est passible de trois ans de prison en vertu de la loi malaisienne, mais les condamnations sur plusieurs chefs d’accusation autoriseraient de plus longues peines de prison.

Zunar a été libéré sous caution (22 500 ringgits). Après sa libération, il a tweeté un dessin, un portrait de lui enchaîné, mais continuant à dessiner avec sa bouche.

« La notion selon laquelle une caricature pourrait être jugée comme un acte criminel est ridicule », a déclaré Shawn Crispin, le représentant du CPJ en Asie du Sud-est. « Le gouvernement du Premier ministre, Najib Razak, devrait abandonner ces accusations sans fondement contre Zunar et cesser de harceler tous les journalistes qui critiquent son administration ».

Les recherches du CPJ démontrent que le gouvernement de Najib utilise de plus en plus la menace d’accusation de sédition pour faire taire les journalistes.
Plus tôt cette semaine, la police a arrêté trois rédacteurs en chef et deux dirigeants du portail d’informations « The Malaysian Insider » pour des accusations de sédition dans le cadre d’un article sur l’instauration prévue des hudud, ou punitions prévues par la loi islamique, dans l’État de Kelantan, au nord du pays. Ils ont été libérés sans inculpation, selon les dernières informations.

Le 28 janvier dernier, la police a perquisitionné le bureau de Zunar basé à Kuala Lumpur, et saisi plus de 100 exemplaires de deux de ses ouvrages, dont celui intitulé « Conspiration pour emprisonner Anwar », sur l’accusation que leur contenu politique enfreint la loi sur la presse et les publications, la loi sur la sédition et le code pénal.
L’état d’avancement de ces enquêtes pénales n’est pas clair.

Zunar a été arrêté en septembre 2010, quelques heures avant la publication de son livre de caricatures politiques, « Cartoon-o-phobia ».
Il fait toujours l’objet d’une enquête policière pour des accusations de sédition déposées contre lui cette année.

Traduction : Elodie Prenant
Source (admin/ Aliran) : Cartoonist Zunar charged with nine counts of sedition for critical tweets
Crédit Dessin : Zunar

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