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Cambodge : la discorde entre les Nations Unies et le gouvernement paralyse de nouveau les procès des Khmers rouges

S21-Lecercle-Flickr

Alors que le Tribunal spécial pour le Cambodge est critiqué pour son incapacité à appréhender l’ancien chef de la marine Meas Muth et une ancienne responsable de district, Im Chaem, inculpés par contumace au début du mois de mars, l’expert des Nations Unies au tribunal a rencontré, mercredi 25 mars, le vice-Premier ministre Sok An.

Les enquêtes dans les dossiers 003 et 004 – qui traitent de crimes commis sous Pol Pot par des fonctionnaires aux échelons régionaux – ont démarré en 2009 et ont longtemps fait face à la résistance du gouvernement. Depuis deux ans, le co-juge d’instruction international Mark Harmon poursuit seul son travail, alors que son homologue cambodgien, You Bunleng, refuse de participer aux enquêtes.

Mercredi 25 mars, Sok An, qui préside le groupe de travail du gouvernement sur les procès des khmers rouges, a ainsi rencontré à Phnom Penh l’expert des Nations Unies sur les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), David Scheffer. Cette rencontre a eu lieu deux jours après que l’ONG Human Rights Watch a condamné le gouvernement et les Nations Unies pour ne pas avoir arrêté Meas Muth et Im Chaem, appelant les Nations Unies à retirer leur participation au tribunal si le gouvernement continuait d’entraver les poursuites dans les dossiers. Le même jour l’ONG Open Society Justice Initiative (OSJI), qui coordonne le tribunal, avait publié une note d’information réclamant qu’au moins un mandat d’arrêt soit délivré par le juge Harmon et que la non-exécution de ce mandat par la police judiciaire « tournerait en ridicule » le tribunal.

Meas Muth, accusé d’avoir éliminé des soldats khmers rouges et d’avoir tué des étrangers capturés en mer, et Im Chaem, soupçonnée d’avoir ordonné des éliminations dans la zone Nord-Ouest, ont manifesté leur indifférence face à ces accusations de crimes contre l’humanité.

Lorsqu’on lui a demandé si la police allait exécuter les mandats d’arrêt dans ces dossiers, Mao Chandara, responsable de la police au tribunal, a fait écho aux arguments de M. Hun Sen, affirmant qu’une telle action pourrait conduire à une instabilité et à la reprise des armes par d’anciens soldats khmers rouges, s’interrogeant sur le soutien du public à des poursuites supplémentaires et insinuant que le tribunal pourrait être un « processus de séparation de la nation ».

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, le général Khieu Sopheak, a éludé la question d’un journaliste de savoir si la police procéderait à des mandats d’arrêt. Mais il a exprimé son scepticisme sur le processus obtenu jusqu’à présent : « Je crois qu’ils ne peuvent pas émettre de mandats d’arrêt. Il y a deux procureurs, un Cambodgien et un étranger… et il y a deux juges aussi ».

Résumé : Elodie Prenant
Source (Khuon Narim et Holly Robertson / The Cambodia Daily) : UN Envoy, Gov’t Discuss Divisive KRT Cases
Photo : Lecercle / Flickr

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