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Cambodge : une maigre victoire pour les travailleurs d’une plantation d’hévéas

hevea-Swis18-FlickrJeudi 12 mars, près de 200 travailleurs de la plantation d’hévéa située dans la province de Mondolkiri ont mis fin à une grève de trois jours sur leurs salaires et leurs conditions de travail, sans avoir vraiment résolu leurs problèmes avec Socfin KCD, une entreprise française controversée, propriétaire de la plantation.

Selon Chan Sokun, un administrateur au siège de la Socfin dans le district de Pech Chreada, les travailleurs ont protesté car l’entreprise avait réduit leur salaire journalier de 6 dollars à 5 dollars en 2013, sans leur avoir donné d’augmentation depuis.

« Les travailleurs n’ont pas osé protester (avant) parce qu’ils avaient peur que le propriétaire de l’entreprise les vire», a-t-il déclaré, ajoutant que même s’il gagne 231 dollars par mois, il s’est joint à la grève par solidarité. «Nous avons simplement décidé de protester maintenant car la société exerce encore plus de pression sur les travailleurs » a-t-il déclaré.

M. Sokun a expliqué que les travailleurs ont assisté à une rencontre 6 heures durant dans les bureaux de la société mercredi 11 mars, mais que la direction n’a consenti qu’à une seule de leurs revendications, permettant à un conducteur licencié de reprendre le travail. Les travailleurs ont également réclamé à la Socfin d’augmenter leur salaire journalier à 7,50 dollars et de réduire leur temps de travail de 10h à 8h par jour.

M. Sokun a déclaré que l’entreprise s’était engagée à restructurer ; cela signifie que les 180 travailleurs saisonniers seraient employés à temps plein dans l’année ; et à résoudre les questions en suspens dans les trois prochains mois.
« Nous continuerons à protester s’ils ne tiennent pas leur promesse », a-t-il ajouté.

Banh Sroeut, 26 ans, qui travaille dans la plantation depuis 7 ans, a dit qu’elle retournerait travailler aujourd’hui, mais qu’elle n’était pas satisfaite de la décision de mettre fin à la grève. «J’irai voir l’entreprise pour demander une hausse de mon salaire journalier, et obtenir au moins 25 000 riels (environ 6 dollars) et si l’entreprise refuse de payer, j’arrêterai ce travail et je me tournerai vers l’agriculture, » a-t-elle dit.

Depuis que l’entreprise française Socfin a obtenu une concession de 4 062 hectares en 2009, les groupes de défense des droits de l’homme l’ont accusée d’exercer des pressions sur des communautés ethniques minoritaires de la région pour qu’elles vendent leurs terres ancestrales.

Traduction : Elodie Prenant
Source (Aun Pheap / The Cambodia Daily) : Plantation workers end strike with little gain
Photo : Swis18-Flickr

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