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Philippines : 29 ans après la dictature, les prisonniers politiques remplissent toujours les prisons

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Les prisonniers politiques dénoncent la répression permanente au Camp Bagong Diwa. « Il est assez ironique que l’intensification des représailles et des restrictions fascistes aient eu lieu lors du 29è anniversaire de la révolution populaire qui a renversé la dictature fasciste de Marcos ».

MANILA — Les prisonniers politiques du Camp Bagong Diwa ont dénoncé l’escalade de représailles envers eux par les autorités de la prison, à la suite des accusations portées contre le controversé gardien de prison.

Le 24 février dernier, date de la commémoration nationale de la révolution populaire EDSA, les autorités carcérales ont de nouveau interdit aux travailleurs de l’organisation de défense des droits de l’homme Karapatan de rendre visite aux prisonniers politiques.
« Il est assez ironique qu’une telle intensification des représailles et restrictions fascistes aient eu lieu lors du 29ème anniversaire de la révolution populaire qui a renversé la dictature fasciste de Marcos  en 1986. Nous appelons à un réel remplacement du fascisme et son faux costume de prétention démocratique, par l’institution, à leur place, d’une vraie démocratie par le peuple », peut-on lire dans la déclaration des prisonniers politiques.

La déclaration a été signée par des détenus conseillers pour la paix du Front national démocratique des Philippines (FNDP), à savoir : Alan Jazmines, Emeterio Antalan, Leopoldo Caloza et Tirso Alcantara.

On a dit à leurs visiteurs, parmi lesquels se trouvait Roneo Clamor, porte-parole de l’association d’anciens prisonniers politiques Selda, d’obtenir une autorisation des autorités carcérales supérieures telle que le siège national du Bureau d’administration pénitentiaire et de pénologie (BJMP).

Pire, les prisonniers politiques ont déclaré que les autorités carcérales avaient monté les autres prisonniers contre eux , « en particulier les ‘petites mains’ de gangs de prison, en interdisant également leurs visites à deux reprises à cause de notre ‘stupide grève de la faim’, créant des rivalités et menaçant nos vies et celles de nos membres ».

Une telle escalade de représailles contre les prisonniers politiques a commencé lorsque des accusations ont été déposées contre l’inspecteur de la prison Michelle Ng-Bonto en charge de l’unité spéciale des soins intensifs (SICA 1) du Camp Bagong Diwa.

Plainte des détenus contre leur gardien

Le 12 février dernier, le Syndicat national des avocats du peuple et le Centre juridique d’intérêt public avaient déposé une plainte devant le bureau du médiateur (Ombudsman) contre Michelle Ng-Bonto. Les charges comprennent : les violations de la loi n°7438, une loi qui stipule les droits d’une personne détenue, une faute grave, un sérieux abus de pouvoir, une flagrante oppression et la conduite indigne d’un officier public.

Une plainte antérieure contre Michelle Ng-Bonto avait été déposée devant le Tribunal régional de Taguig, le 27 janvier. Les prisonniers politiques, dans un communiqué envoyé aux médias, ont déclaré que les mesures répressives ont commencé quand ils ont entamé le 10e jour de grève de la faim pendant la visite du pape, pour demander leur libération. Au cours de ladite grève de la faim, le Docteur Julie Caguiat du Conseil de la santé et du développement, avec le juriste de Karapatan Bernard Zamora, ont été interdits de visite. Ces deux personnes sont des visiteurs réguliers des prisonniers politiques, mais on leur a répondu qu’ils ne figuraient pas dans la liste des visiteurs et des médecins des prisonniers et qu’ils devaient donc obtenir une autorisation du BJMP pour entrer au SICA 1, l’unité de soins intensifs.

« Nous avons mené ces actes d’abnégation pour amplifier nos appels pour notre liberté, pour la justice, pour de réelles solutions aux problèmes sociaux, et pour des efforts sérieux vers la paix dans notre pays », indique la déclaration.

Les prisonniers politiques ont appelé à leur libération immédiate et à la reprise des pourparlers de paix longtemps gelés entre le gouvernement philippin et le Front national démocratique des Philippines (FNDP).

Dans le même temps, dans un autre communiqué, l’ONG Karapatan a appelé à la suspension immédiate de Michelle Ng-Bonto. « Ng-Bonto joue la course au pouvoir, mais nous n’avons pas peur. Elle devra, malgré tout, rendre des comptes devant le tribunal », a déclaré Cristina Palabay, secrétaire générale de Karapatan.

Traduction : Elodie Prenant
Source (Janess Ann J. Ellao / Bulatlat.com) : Political Prisoners decry continuing repession at Camp Bagong Diwa

Photo : BJMP

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