AlterAsia

Economie

Cambodge : les ouvrières du textile racontent leur propre histoire dans un documentaire

cambodge_usine_textile

Agée de 26 ans, Sorn Samnang travaille depuis neuf années dans l’industrie textile, elle a changé 5 fois d’usine et gagne juste assez pour survivre. Son histoire – et celle de quelque 700 000 ouvrières du textile du pays – est peut être familière aux lecteurs de journaux ou de périodiques sur l’industrie, mais aujourd’hui, elle et ses collègues racontent leur propre histoire.

La version anglaise du “Salaire de la faim” un documentaire vidéo de 45 minutes co-produit par le Centre d’information des travailleurs (WIC) et une journaliste canadienne indépendante Paula Stromberg sera projetée pour la première fois ce vendredi 27 février au centre culturel Atlanta’s Edge de Phnom Penh.

Paula Stromberg, qui a mené ce projet bénévolement, a expliqué : “Le documentaire s’est fait en collaboration avec les ouvrières du textile. Cela a donc légèrement changé le mode de tournage”.
“Mises en vedette dans de nouveaux reportages ou documentaires, en général les ouvrières participent peu au produit final, ajoute Sok Thareth la coordinatrice adjointe du WIC. Les cinéastes leur ont rarement montré les documentaires avant de les rendre publics”.

Paula Stromberg a filmé et dirigé les interviews, mais les ouvrières ont été impliquées dans les différentes étapes de la fabrication du documentaire, de la traduction à la ligne éditoriale. “Elles se sentent propriétaires de la vidéo” affirme-t-elle.

Elle a collaboré pendant plus de deux ans avec des ouvrières rencontrées dans les six centre d’accueil du WIC, à la périphérie de Phnom Penh. “nous avons toujours travaillé en commun, dès l’idée de scénario. On tournait, on visionnait et elles décidaient. Les séquences étaient choisies collectivement”.

Le film montre les ouvrières avec des bas-salaires et aux conditions de vie précaire. Il se penche également sur des problèmes qu’on aborde plus rarement : la représentation insuffisante des femmes dans la direction des syndicats, ce qui dans le film, amène une femme à se plaindre sujets insuffisamment évoqués par eux tels que les congés maternités.

Le film a été tourné à l’aide d’un smartphone à l’exception des scènes à l’intérieur des usines. Ce processus de réalisation est une autre façon d’émanciper les femmes.

“C’est une technologie très simple et parce que lors de la fabrication du film, elles ont presque tout le temps été assises avec moi, il leur a été alors possible d’apprendre à faire elles-mêmes leurs propres court métrages” renchérit-elle.

Mme Samnang s’est retrouvée pour la première fois face à une caméra : “J’ai été volontaire pour ce film parce que je voulais montrer la réalité – la situation difficile qu’est la mienne et celle des autres ouvrières”, exprime-t-elle.

A certains moments le film peut sembler trop préparé, particulièrement lorsque les militantes plaident leur cause. Mais pour ces ouvrières, c’est un sujet qui en valait la peine. Et c’est le leur.

En complément à la version anglaise, une version khmère accessible aux ouvrières, sera présentée le 29 mars au cours du forum de l’alliance des ONG unies Sisterhood (une alliance de quatre groupes d’action sociale au Cambodge) au cours duquel Sok Thareth espère la venue de quelques 200 ouvriers du textile.

Traduction : Michelle Boileau
Source (Aria Danaparamita et Hay Pisey / Cambodia Daily) : Garment Workers tell their own stories in new documentary
Photo : Shankar s./Flickr

Print Friendly

Tagged

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.