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Laos : Le leader de la société civile Sombath Somphone disparu depuis 800 jours

Le gouvernement du Laos doit passer de la parole aux actes et intensifier les investigations sur la disparition forcée de l’éminent leader de la société civil Sombath Somphone et divulguer publiquement les conclusions de l’enquête, déclarent aujourd’hui, la FIDH et son organisation membre, le Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme (MLDH).

Les deux organisations ont lancé un appel pour marquer le 800è jour de la disparition de Sombath, survenue le soir du 15 décembre 2012 à Vientiane.

Lors du second Examen Périodique Universel (EPU) du Laos, qui s’est tenu à Genève le 20 janvier 2015, M. Phongsavath Boupha, représentant du gouvernement Lao a indiqué que les autorités poursuivaient toujours leur enquête sur la disparition de Sombath Somphone. M. Phongsavath a déclaré que le comité d’enquête était « prêt à recevoir des suggestions de toutes les parties intéressées par l’enquête en cours. » Malgré cette déclaration, force est de constater que Vientiane n’a pas été en mesure de fournir d’informations actualisées depuis le 7 janvier 2013.

« Depuis trop longtemps, Vientiane a trainé des pieds dans le dossier de la disparition de Sombath. Il est temps que le gouvernement Lao remplisse les obligations internationales et applique les recommandations de l’EPU concernant les disparitions forcées, » rappelle le président de la FIDH, Karim Lahidj. « Le gouvernement doit tenir sa parole et accepter l’assistance technique internationale pour l’enquête. »

Lors de l’EPU du Laos en janvier, 10 Etats (Australie, Canada, Finlande, Allemagne, Luxembourg, Pologne, Portugal, Suède, Suisse et le Royaume-Uni) ont formulé des recommandations relatives à l’enquête sur la disparition de Sombath. De plus, cinq pays (Belgique, les Pays-Bas, la Slovénie, Singapour et les Etats-Unis) ont soulevé des questions concernant cette disparition.

La FIDH et le MLDH appellent expressément le gouvernement Lao à accélérer le processus de ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes Contre les disparitions forcées (ICCPED). Le Laos a signé l’ICCPED en septembre 2008. Cependant, le gouvernement Lao n’a pas ratifié la convention malgré avoir accepté les recommandations faites par plusieurs pays lors de son premier EPU en 2010 de devenir partie au traité. Lors de l’EPU de janvier, 10 pays (Argentine, Brésil, Canada, France, Allemagne, Italie, les Pays-Bas, Paraguay, Espagne et l’Uruguay) ont préconisé au gouvernement lao de ratifier le ICCPED.

« Compte tenu des mauvais résultats du gouvernement dans la mise en œuvre des recommandations adoptées lors de son précédent EPU, Vientiane continuera à utiliser cette procédure comme un écran de fumé pour ce qui est des disparitions forcées à moins d’une pression internationale soutenue, » souligne la présidente du MLDH, Vanida Thephsouvanh.

La FIDH et le MLDH réitèrent leur appel au gouvernement lao afin que des enquêtes sérieuses, exhaustives et indépendantes soient menées, dans le but de déterminer le sort des autres victimes de disparitions forcées dans le pays.

A ce jour, le sort d’au moins 13 personnes reste toujours inconnu. Parmi ces personnes disparues, se trouvent trois leaders étudiants arrêtés le 26 octobre 1999 pour avoir organisé une manifestation pacifique pour la démocratie à Vientiane ; neuf personnes (deux femmes et sept hommes), emprisonnées par les forces de l’ordre en novembre 2009 dans différentes régions du pays pour avoir planifié des manifestations pacifiques pour plus de démocratie ; un opposant aux projets agricoles soutenus par la Chine dans la province de Luang Namtha, disparu depuis janvier 2007 après avoir été enlevé par des hommes en uniforme.

Le constat d’échec du gouvernement lao à enquêter efficacement sur tous ces cas de disparitions forcées enfreint les obligations qui lui incombent au titre de l’Article 2(3) du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), auquel le Laos est Etat partie. Le PIDCP stipule que les gouvernements doivent constituer un recours effectif en cas de violations des droits garantis par le Pacte, y compris le droit à la liberté et à la sécurité de la personne.

Source FIDH.

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