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Mamasapano : un hommage rassembleur en l’honneur des 44 policiers exécutés

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Une rencontre rare entre la police et les militants s’est produite au soir du 3 février alors que gens d’église et progressistes se sont rassemblés pour prier, allumer des bougies et réclamer « la vérité et les responsabilités » sur les morts de Mamasapano, dont 44 étaient membres du corps d’élite des Forces d’Action Spéciales (FAS).

Devant la porte du siège de la Police Nationale Philippine (PNP), le long de l’EDSA, il n’y avait pas de musique à fond, pas de forces de police anti-émeute avec boucliers et matraques qui d’habitude font face aux manifestants. Au lieu de cela, la police a montré une présence silencieuse, si ce n’est accommodante, restreignant la circulation, restant à l’écart et écoutant.

C’était la première fois qu’une messe était dite à la Porte Crame pour les victimes de Mamasapano et elle a été organisée par le groupe œcuménique Promotion for Church People’s Response (PCPR). « Aujourd’hui, au neuvième jour de leur mort, nous offrons nos prières, a dit le prêtre en ouvrant la messe œcuménique. Nous prions pour que la vérité sorte et chasse les mensonges, l’avidité et la négligence criminelle des officiers supérieurs. Nous prions pour que ceux qui sont responsables des incidents rendent justice à ceux qui sont tombés. Ne nous induis pas en tentation ni en désunion, mais unis-nous dans l’espoir et le principe de vérité dont nous avons besoin d’urgence ».

La police avait fermé la porte de sortie pour faire de la place à un petit autel disposé au milieu des fleurs et des bougies consumées déposées les jours précédents pour les morts des Forces d’Action Spéciales.

Parmi les participants à ce rassemblement se trouvaient les ex-députés du parti Bayan Muna, Satur Ocampo et Teddy Casiño, Renato Reyes Jr., secrétaire général du Bagong Alyansang Makabayan (Bayan) ainsi que la personnalité du showbiz et militante anti-corruption, Juana Change.

Casiño, maintenant porte-parole du Bayan, s’est exprimé pendant le rassemblement : « Nous pleurons les 44 membres des FAS et aussi les 18 victimes du FMIL (Front Moro Islamique de Libération) et les civils. Nous portons tous leur deuil et pas seulement parce qu’ils sont la famille mais parce que ce sont des compatriotes Philippins et aussi parce que leur mort était injuste ».

« Les hommes des FAS sont des héros, comme les hommes du FMIL. Tous ont fait leur devoir et suivi leurs convictions. Ce qui est triste, c’est qu’ils n’avaient pas besoin de mourir », a ajouté Casiño, qui a promis de demander justice.

Les forces de police observaient discrètement en silence. Un agent de sécurité a pris un bouquet de fleurs et a dit : « Ceci est pour nous tous ». De son côté, Nardy Sabino, secrétaire général du groupe PCPR a remercié les officiers de police à la porte après la messe. Bulatlat a demandé à un policier ce qu’il pensait du fait que les militants prient pour ses collègues et il a hoché la tête en signe de gratitude : « Ils expriment de la sympathie ».

Cela ne semble-t-il pas étrange de ne pas sentir de tension entre la police et les activistes ?, a demandé Bulatlat à un autre policier qui a volontiers souri en acquiesçant. « Peace muna kami » a-t-il dit. Ensuite son visage s’est assombri quand il a ajouté : « Quelqu’un doit répondre pour ce qui est arrivé. »

Marche commémorative de la guerre américano-philippine

En Tagalog du Sud, des groupes de Bagong Alyansang Makabayan Southern Tagalog (Bayan-ST) ont tenu une veillée le 3 février à Waltermart dans la ville de Calamba, province de Laguna. Le contingent se rendra à Manille le 4 février pour une marche commémorative de la guerre américano-philippine et afin de se joindre à d’autres progressistes dans leur appel pour tenir le Président Aquino et les Etats-Unis responsables des morts dans l’affrontement de Mamasapano. D’après le Révérend Gil Sediarin, Secrétaire général adjoint du Karapatan-ST, « les dénégations du Président et ses déclarations prudentes à la suite du carnage de ses propres hommes se sont avérées vaines pour sauver son image corrompue de Commandant en Chef incompétent et indifférent ».

Traduction : Edith Disdet
Source (Dee Ayroso/Bulatlat) : Mamasapano, a rare tension-free prier and candle lighting gathering in front of camp crame
Photo : D. Ayroso/BUlatlat
Lire aussi (en français) : Philippines : les 44 policiers d’élite auraient été exécutés (Geopolis)

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