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Objectifs du millénaire pour le développement : où en est l’Indonésie?

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En ces débuts 2015, l’échéance pour accomplir les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) approche et les chiffres révèlent pour l’Indonésie des résultants très impressionnants. Comme l’illustrent un grand nombre de contributeurs pour cette édition, le pays a fait des progrès significatifs dans la lutte contre la pauvreté (OMD1), la hausse du taux de scolarisation dans les écoles primaires (OMD2) et la promotion de l’égalité des genres (OMD3).

Malheureusement, ces résultats ne reflètent pas la réalité plus complexe de l’histoire de développement du pays. L’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s’agrandir. Bien que la plupart des enfants sont aujourd’hui scolarisés (94,42%), un étudiant sur dix s’arrête avant le collège, et sur le pourcentage d’élèves restants, quatre sur dix s’arrêtent avant le lycée. L’Indonésie a également chuté dans les classements internationaux sur l’éducation et a enregistré une baisse du pourcentage de femmes élues au sein du parlement.

Partant de ce constat, comment se fait-il que l’Indonésie, qui a répondu à de nombreux objectifs du millénaires, doive encore faire face à de tels défis en termes de développement? Si l’on regarde les investissements que l’Indonésie a réalisé dans l’éducation, la santé, la protection sociale et la pauvreté, comme dans ses politiques visant à développer l’intégration des femmes à des postes à responsabilité, il apparaît clairement que l’engagement de l’Indonésie pour accomplir ses objectifs du millénaire est bien réel. Jusqu’à présent, toutes ces mesures et ces approches ont eu des résultats directs, mais pour nombre d’entre eux l’Indonésie doit à présent se concentrer sur des questions de fond bien plus complexes afin de pouvoir répondre totalement à ses objectifs de développement.

De nouvelles stratégies pour répondre aux questions de fond

Dans le passé, les objectifs de développement étaient du ressort de chaque département et ministère, qui s’en appropriait chacun la responsabilité de façon isolée. L’éducation primaire était de la responsabilité du ministère de l’Education, tandis que les objectifs liés à la baisse de la mortalité des mères et des enfants et la prévention des épidémies relevaient du ministère de la Santé. La lutte contre la pauvreté était le combat de plusieurs ministères sous la coordination du ministère du Bien-être social mais chaque ministère mettait en place ses propres programmes (coopération, implication des communautés, distribution gratuite de riz, assurance santé et transfert de liquidité) sans qu’aucun lien apparent entre ces programmes ne soit établi, empêchant tout individu de se sortir de lui-même de la pauvreté par leur simple levier.

La situation a changé en Indonésie et pour que le pays poursuive son combat contre la pauvreté il doit dorénavant s’attaquer à des questions plus complexes. De part ses budgets plus serrés (ce qui implique des allocations d’aides moins élevées) l’Indonésie ne peut pas s’offrir le luxe de voir ses ministères travailler de façon indépendante, et doit engager des initiatives pour des projets mieux coordonnés et mieux ciblés. Toutes les lois, qu’elles soient nouvelles ou révisées (La Loi des Villages 6/2014 et la Loi sur l’autonomie régionale du 23/2014) impliquent pour les gouvernements locaux et les villages une hausse des responsabilités concernant la prestation de services. Une circonscription de plus en plus critique et de plus en plus exigeante avec un meilleur accès à l’information et aux outils de communication va également donner plus de poids et de pouvoir de pression. Enfin, les conditions météorologiques extrêmes et irrégulières pèsent également de plus en plus sur les efforts en matière de lutte contre la pauvreté.

En dehors des résultats qu’elle a accomplis concernant les OMD, l’Indonésie doit également s’appliquer à développer une meilleure gouvernance, notamment en ce qui concerne la responsabilité des gouvernements locaux auprès de leurs représentants. Avec plus de 500 gouvernements locaux, un besoin se fait sentir pour une meilleure information sur la façon dont les programmes fonctionnent et lesquels sont applicables dans plusieurs régions. Il est également important d’augmenter les incitations pour récompenser et encourager le succès des dirigeants locaux. En plus de l’égalité des genres, le gouvernement doit également faire preuve de tolérance envers les groupes minoritaires et religieux afin de maintenir une dynamique positive dans la construction de l’avenir de l’Indonésie.

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