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Lèse-majesté : chasse aux sorcières en Thaïlande

Vendredi 6 février, le chef de la junte Prayut Chan-o-chan a exhorté la population à révéler les cas de lèse-majesté, notamment sur les réseaux sociaux, et avertit qu’il utilisera toutes les mesures institutionnelles contre les suspects de lèse-majesté et les opposants politiques. Il a ajouté que la répression pour les cas de lèse-majesté et les opposants politiques seraient impitoyables. “(…) Le gouvernement n’a pas l’intention d’intervenir dans votre vie privée. Mais chacun doit coopérer à la diminution de la haine et se surveiller mutuellement afin de ne pas diffuser de contenu inconvenant (lèse-majesté ou opposition à la junte)”, a-t-il précisé.

Dans le même temps, le ministre de la Justice intensifie ses recherches à l’étranger. Le 5 février,le général Paiboon Khumchaya, ministre de la Justice de la junte, a révélé que le comité constitué pour traquer les suspects de lèse-majesté soumettra au ministère des Affaires étrangères une liste de 40 suspects en exil afin d’obtenir leur extradition.
Le 17 décembre 2014, le Général Prawit Wogsuwan, le vice Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont annoncé aux médias que les autorités thaïes s’efforçaient de collaborer avec les différents pays pour traquer les suspects de lèse-majesté en exil, dont l’historien politique Somsak Jeamteerasakul de l’université de Thammasat qui s’est exilé après le coup d’Etat du mois de mai 2014.

Selon iLaw, un groupe de défense des droits sur l’internet, le nombre d’emprisonnements pour crimes de lèse-majesté atteint depuis le coup d’Etat est à son plus haut niveau dans l’histoire du pays.

Depuis le coup d’Etat de 1976, le prétexte du crime de lèse-majesté est régulièrement invoqué par les putschistes dans les tentatives de renversement du gouvernement.

Citée comme raison majeure du coup d’Etat de 2006, cette accusation a alors connu une forte augmentation du nombre de cas. Les atrocités commises en avril-mai 2010, (près de 100 personnes tuées au cours de la répression militaire contre l’insurrection des chemises rouges) ont également contribué à une augmentation spectaculaire des infractions constatées, notamment en ligne.

Résumé : Michelle Boileau
Source : Prachataï

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