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Trafic humain au Cambodge : près d’une cinquantaine de mariées rapatriées en 2014

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Le nombre de femmes cambodgiennes prisonnières de mariages forcés en Chine augmente de manière dramatique, selon des groupes des droits de l’Homme. L’an dernier, ces derniers ont aidé à rapatrier environ 50 mariées, victimes d’un trafic à l’étranger ou attirées par la promesse d’une vie meilleure.

AdDHOC et LICADHO, deux associations cambodgiennes de défense des droits de l’Homme, ont déclaré fin janvier avoir aidé 49 femmes à retourner au Cambodge en provenance de Chine en 2014, alors qu’on en comptait 29 l’année précédente.

Adhoc a assisté 21 de ces femmes l’an dernier, alors qu’elle n’en avait aidé que quatre en 2013, a déclaré Chhan Sokunthea, la directrice de l’organisation et du programme des droits des femmes et des enfants : “Ces victimes ont été attirées vers la Chine avec la promesse d’emplois bien rémunérés et d’une vie avec de riches maris chinois, mais elles finissent par être vendues à des Chinois – parfois pour 15 000 à 20 000 dollars – comme esclaves sexuelles”, explique Mme Sokunthea. “Il s’agit d’un type de trafic humain couvert sous le prétexte de mariage”, affirme-t-elle.

Am Sam Ath, superviseur technique pour Licadho, explique que son organisation a aidé à ramener les 28 autres femmes, en comparaison de 2013 où 25 femmes avaient été rapatriées. “La plupart d’entre elles ont connu la violence physique et sexuelle”, a déclaré M. Sam Ath, ajoutant qu’il considérait toutes ses femmes comme victimes de trafic d’êtres humains.

La loi de 2008 de Lutte contre le trafic d’êtres humains au Cambodge considère que le départ d’une personne du pays est illégal s’il est réalisé “par la force, la menace, la tromperie, l’abus de pouvoir, ou la séduction”. “ Le consentement de la victime… n’est pas recevable”, ajoute la loi.

Le porte parole du ministère des Affaires étrangères, Koy Kuong, a déclaré que son ministère avait enregistré un total de 58 femmes rapatriées en 2014, nombre estimé en hausse bien que le ministère ne dispose pas de chiffres pour l’année précédente.

“Nous pensons qu’il y a encore plus de victimes [en Chine]… qui s’y sont rendues secrètement avec des passeurs” explique-t-il, ajoutant que près de 10 femmes ont déjà été rapatriées jusqu’à présent cette année.

M. Kuong a également validé les chiffres des groupes de droits de l’homme qui se chevauchent avec ceux du ministère des Affaires étrangères, mais a bien insisté sur l’officialité des chiffres du ministère.

“Les ONG travaillant sur cette question reçoivent simplement les plaintes des victimes ou des familles des victimes, qu’elles nous transmettent, car seul le gouvernement cambodgien peut traiter avec les autorités chinoises compétentes”, a-t-il affirmé.

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé lundi dernier que deux femmes des provinces de Kandal et de Prey Veng, qui ont été forcées à épouser des hommes chinois, ont été rapatriées au Cambodge ce jour. Cinq autres femmes doivent arriver à Phnom Penh ce 29 janvier, après avoir été sauvées par le consulat du Cambodge à Guangzhou, en Chine. Elles auraient été envoyées par leurs familles dans le Jiangxi, en Chine, pour y épouser des hommes chinois.

Traduction : Aliénor Simon
Source (Kuch Naren/Cambodia Daily) : Nearly 50 abused brides repatriated last year
Photo : mikecogh/flickr
Lire aussi, notre interview avec Mony Lim, chargée de droit des femmes au Cambodge, pour ADHOC.

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