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Le point sur les droits de l’homme en Malaisie (rapport HRW)

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Liberté d’expression, harcèlement d’opposants politiques y compris par voie judiciaire sont les trois principaux points sur lesquels l’organisation Human Rights Watch a interpellé le gouvernement malaisien dans son rapport mondial 2015. Selon Phil Robertson, direction adjoint de l’association en Asie, la situation des droits de l’homme s’inscrit dans une spirale de détérioration en Malaisie.

L’organisation rappelle que le Premier ministre Najib Razak a abandonné sa promesse de 2012 de révoquer la loi sur la sédition. Le 27 novembre 2014 il a en effet annoncé que cette loi serait plutôt renforcée afin de sanctionner ceux qui violent le caractère sacré de l’Islam ou d’autres religions et ceux qui appellent à la sécession des Etats de Sabah et de Sarawak. Les autorités sont allées jusqu’à superviser une vague d’arrestations de politiciens et de militants sociaux. En 2014, au moins 20 personnes ont été inculpées, dont quatre parlementaires majeurs de l’opposition. La répression a suscité une opposition publique du Barreau d’avocats de Malaisie et d’autres organisations, ainsi qu’un procès contestant la constitutionnalité de la loi sur la sédition.

Les autorités ont également donné suite au procès politique visant le chef de l’opposition Anwar Ibrahim. En mars, la cour d’appel a annulé l’acquittement de ce dernier suite à des accusations de sodomie et l’a condamné à cinq ans de prison dans une procédure judiciaire précipitée. Si la Cour fédérale respecte cette condamnation, il risque la prison et la perte de son siège au parlement. Les poursuites répétées du gouvernement contre Anwar Ibrahim en vertu de la loi sur la sodomie met également en évidence les dangers de cette loi discriminatoire.

Selon Human Rights Watch, la Police royale malaisienne a également abusé des droits des détenus en garde à vue, en toute impunité. Elle rappelle au moins 10 nouveaux cas de décès en détention en 2014, dus à un usage excessif de la force lors de l’arrestation des suspects. La police a également refusé tout contrôle externe efficace et indépendant, comme la création d’une Commission indépendante des plaintes de la Police.

L’image de la Malaisie comme un pays musulman modéré est encore ternie par de nouvelles restrictions gouvernementales sur la liberté d’expression et d’association en 2014. Le registre des sociétés contrôlées par le gouvernement a resserré sa surveillance sur les groupes de la société civile considérés comme critiques du gouvernement, refusé l’autorisation de publication de journaux à esprit critique et censuré un militant pour une oeuvre cinématographique.

Le gouvernement a enfin continué à vilipender lesbiennes, gay, (LGBT) personnes bisexuelles et transgenres. Alors qu’en novembre 2014, dans une action sans précédent, le tribunal d’appel de Negeri Sembilan avait statué que l’ordonnance de la charia interdisant le travestissement était inconstitutionnelle, les fonctionnaires de l’Etat, dont un ministre, ont critiqué cette décision « anti-islamique » et appelé à défendre les enseignements islamiques « par tous les moyens ».

« Le gouvernement malaisien semble reposer sa réputation internationale sur son nouveau mandat au Conseil de sécurité de l’ONU plutôt que de traiter des graves problèmes de droits de l’homme dans son propre pays. Mais il devra changer de politique en 2015 s’il veut véritablement renforcer sa réputation », conclut Phil Robertson.

Résumé par Céline Boileau
Source(s) :
HRW
Aliran

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