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Le droit à la terre, enjeu majeur des droits de l’homme au Cambodge (ONU)

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Vendredi 23 Janvier, Surya Subedy, le représentant onusien des droits de l’homme au Cambodge a présenté son rapport final et exprimé sa frustration quant à l’absence de progrès dont il a été témoin au cours de ses 6 années de mandat.

Malgré ses félicitations au premier ministre Hun Sen pour la mise en place des “avancées” réalisés par le gouvernement depuis 2009, M. Subedi déplore des violations graves aux droits de l’homme et une absence permanente d’indépendance de la justice dans le pays.

“Jusqu’ici, les tribunaux n’ont pas rendu la justice attendue par tous les Cambodgiens. Il y a eu trop de violations des droits humains dont personne n’a été tenu pour responsable.” a déclaré M. Subedi au cours de sa dernière conférence de presse.

Il a évoqué la répression brutale de la manifestation des ouvriers du textile en janvier 2014 , lorsque de la police militaire a ouvert le feu, tuant 5 manifestants et blessant plus d’une douzaine d’autres.

M. Subedi a depuis 2009, présenté au Comité des Droits de l’homme des Nations Unies cinq rapports sur le Cambodge dont un sur la violence post-électorale et l’échec du gouvernement à enquêter correctement sur la présumée fraude électorale suite aux élections nationales de juillet 2013.

Le rapporteur, qui, dans un rapport de 2010 avait préconisé le renforcement de l’indépendance de la justice dans le pays, fait état d’un bilan accablant sur l’état actuel des tribunaux, condamnant “la culture de l’impunité” au Cambodge.
“Je suis attristé de voir que les tribunaux continuent d’être utilisés comme moyen d’intimidation envers ceux qui critiquent le gouvernement, aussi bien les défenseurs des droits de l’homme, que les militants des droits fonciers, les journalistes, les dirigeants syndicaux, et les membres de l’opposition.

Jeudi, M. Subedi était présent à la cour d’appel, pour l’audition de 11 militants dont l’emprisonnement l’année dernière est considéré comme une entrave à la dissidence.

Considérant le droit à la terre comme l’enjeu “ numéro un” des droits humains dans le pays, M. Subedi déclare avoir été “submergé” au cours de ses récentes visites par le nombre de pétitions qu’il a reçues des communautés à la recherche d’aide dans des conflits fonciers en raison du manque d’assistance des autorités.
Il a ajouté : “Je crains que la gestion de la crise économique actuelle et la réforme des concessions foncières continuent de souffrir du manque de transparence, de responsabilité, d’un suivi indépendant ou d’un examen public”.

“Je suis convaincu que cette question, plus que n’importe quelle autre, érode la confiance des gens tant dans la justice que dans le gouvernement dans son ensemble.”

M. Subedi a également attiré l’attention sur le manque d’indépendance de l’unité Anti corruption et du Comité cambodgien des droits de l’homme, mais encourage personnellement M. Hun Sen.

“Je pense que maintenant lui et moi nous comprenons mieux. Je le respecte beaucoup en tant qu’homme et en sa qualité de premier ministre, à déclaré M. Subedi lors d’un entretien après la conférence de presse.

“Il m’a écouté et a été sensible à certains de mes commentaires, mon approche n’a pas été de critiquer les abus aux droits de l’homme à plaisir, mais d’ avoir une discussion constructive”.

M. Subedi a félicité M. Hun Sen pour l’accord politique “révolutionaire” conclu en juillet, qui a vu l’opposition mettre fin à son boycott de l’assemblée nationale et pour l’intégration de la NEC (la commission électorale nationale) dans la Constitution, avec des promesses de réformes.

S’exprimant sur l’avenir du Cambodge, M. Subedi, dont la mission officielle se termine en mars, a exprimé qu’il “croyait” en la population du pays, particulièrement en l’appétit des jeunes pour le changement.

“Les progrès réalisés récemment semblent avoir instillé l’espoir et la confiance dans la population, notamment dans la jeunesse du pays, pour l’avenir de la démocratie et les droit de l’homme a admis M. Subedi au cours de sa conférence de presse de vendredi.

En conclusion, “La principale différence entre hier et aujourd’hui réside dans la population. Les gens n’ont plus peur de parler. Il connaissent leurs droits et sont prêts à les faire valoir.”
wright@cambodiadaily.com

Traduction : Michelle Boileau
Source (Wright/Cambodia Daily) : UN Envoy Critical as Tenure Land Draws to a Close

Photo : UN Geneva / photo on flickr

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