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Thaïlande : la loi sur la cyber-sécurité cible surtout les crimes de lèse-majesté

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A la Maison du gouvernement jeudi matin, le chef de la junte Prayut Chan-o-cha a admis que l’un des premiers objectifs de la loi sur la cyber-sécurité vise à traquer les personnes soupçonnées de crime de lèse-majesté.

Il n’a pas nié non plus la mise en place par les autorités thaïlandaises de logiciels de surveillance de masse : “Nous développons des logiciels de biens et de services. S’il y a des contenus en ligne privés, personne ne va y prêter attention. Mais si certains contenus enfreignent la loi, comme le crime de lèse-majesté, nous devrons mener une enquête. Parfois, le gouvernement ne peut pas prendre en compte l’Article 112 du Code Pénal pour crime de lèse-majesté car les sites coupables opèrent à l’étranger. Ils ne peuvent être supprimés car les autres pays n’ont pas de loi telle que la nôtre. Alors pourquoi ne pas rendre notre pays plus sûr ? Les Thaïlandais ne sont pas comme les étrangers. Ils ne sont pas Occidentaux. Nous mangeons du riz, et ils mangent du pain, ce qui est différent. Nous sommes des Thaïlandais authentiques ».

Dans ce discours, Prayut Chan-o-cha a fait allusion aux récents décrets votés sur la cyber-sécurité afin de bloquer les contenus lèse majesté produits à l’étranger. Il est cependant resté ambigu sur le sort des citoyens thaïlandais, qui ne devraient pas se soucier du respect de leur vie privée… s’ils n’ont rien fait de mal.

La période qui a suivi le coup d’Etat de 2014 a été marquée par un nombre d’arrestations pour crimes de lèse-majesté encore jamais atteint dans l’histoire du pays. Des suspects de lèse-majesté sont arrêtés presque chaque semaine et beaucoup ont été accusés de diffamer la monarchie via les réseaux sociaux.

La semaine dernière, six organisations civiles, dont Thai Netizen Network, FTA Watch, et Foundation for Community Education Media (FCEM), ont dénoncé les dix projets de loi récemment approuvés par la junte déclarant que ces derniers ouvraient la voie à un monopole d’Etat sur l’activité des télécommunications.

L’un des décrets les plus controversés est celui sur la Cyber-Sécurité, qui confère aux autorités le pouvoir d’imposer une surveillance de masse sur tous les moyens de communication au nom de la sécurité nationale, le crime de lèse-majesté étant considéré comme une menace pour la sécurité du pays.

Résumé : Emeline Mainy
Source : Prachataï

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