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Caoutchouc : le commerce illégal menace la reprise du secteur au Cambodge

cambodge caoutchoucDans un contexte de chute des prix mondiaux, le commerce transfrontalier illicite du caoutchouc est en plein essor au Cambodge et menace les opérations légitimes de traitement dans le pays, déplorent les propriétaires d’entreprises et les experts de l’industrie.

La première moitié de l’année 2014 a vu les prix du caoutchouc chuter d’environ 30 % en raison de pressions mondiales. Tandis que les tarifs douaniers de caoutchouc naturel du Cambodge sont fixés entre 2 et 10%, le Vietnam a réduit ses taxes à l’exportation de 5 à 1%, avant de les supprimer le 2 octobre dernier.

D’après le directeur général cambodgien d’une entreprise basée à Londres, le commerce illicite de caoutchouc de l’Asie du Sud est particulièrement sensible aux taxes à l’exportation car il s’agit surtout de commerce transfrontalier. Il est donc sensible aux taxes douanières.

D’après Philippe Monnin, conseiller technique de l’Agence française de développement, de nombreux agriculteurs cambodgiens ont été contraints de décharger leur caoutchouc à des intermédiaires, car les usines de transformation locales n’avaient pas les moyens de l’acheter.

Bien que les prix aient commencé à remonter après la fixation d’un prix plancher par les principaux pays d’Asie producteurs de caoutchouc en octobre dernier, les propriétaires d’usines ne peuvent pas encore rivaliser avec les acheteurs sur le marché noir qui profitent du tarif vietnamien.

Khun Meng, président du fabricant de caoutchouc du groupe Khun Meng, a été contraint de licencier 70% de ses effectifs: « à cause de la contrebande de caoutchouc au Vietnam, notre usine a du mal à acheter du caoutchouc auprès des agriculteurs. L’usine tournait 24 heures par jour, contre seulement cinq à huit heures aujourd’hui ».

Hin Pheka, le propriétaire de Ly Sokim usine de fabrication, paie près de 100 $ en taxes d’exportation pour une tonne de caoutchouc, ce qui l’empêche de rivaliser avec les prix du marché noir.

Même les responsables gouvernementaux admettent que l’industrie du caoutchouc, élément central de leur politique agricole, est menacé. Pol Sopha, directeur général adjoint de la Direction générale de caoutchouc au ministère de l’Agriculture, a déclaré que son ministère était incapable de lutter contre le marché noir. « La Direction générale de caoutchouc n’a pas la compétence pour arrêter ces activités de contrebande, mais les autorités provinciales sont en charge de prendre des mesures », a-t-il déclaré en guise de réponse.

Source : Cambodia Daily
Photo : Irayani Queencyputri / Flickr

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