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La démocratie menacée en Asie du Sud-Est

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La démocratie recule à travers l’Asie du Sud-Est. Le pivot américain vers l’Asie en est l’une des raisons. Joshua Kurlantzick, journaliste et membre du Conseil des Relations Internationales d’Asie du Sud-Est, explique pourquoi.

L’Asie du Sud-Est fut l’une des régions du monde où la démocratie semblait très prometteuse dans les années 1990 et le début des années 2000. Même Myanmar, l’une des nations les plus répressives du monde, semblait changer.

En 2010 et 2011, le régime xénophobe de l’armée de Myanmar, à la tête du pays depuis 1962, a commencé sa transition vers un gouvernement civil en organisant des élections qui ont aidé à la création d’un parlement partiellement civil. Le pays semblait prêt pour les élections libres de 2015 qui devaient renforcer le changement démocratique du pays.

Depuis le début des années 2010 cependant, la démocratisation de l’Asie du Sud-Est s’est figée et, dans certaines nations importantes au niveau économique et stratégique, elle a même reculé.

La Thaïlande a subi un recul démocratique rapide et important et les institutions démocratiques, ainsi que la culture en Malaisie, ont également régressé ces dix dernières années. Bien que moins drastiques, il y a aussi eu des changements troublants dans bon nombre d’autres pays.

En Malaisie, la coalition Barisan Nasional (BN), au pouvoir depuis longtemps, a réprimé toute dissidence et a tenté de détruire le système émergeant d’une alternance entre deux partis politiques. Toutefois, cela a changé depuis que le BN a de nouveau remporté – de justesse – les élections de 2013. Cette victoire était dûe en grande partie au soutien des malais les plus conservateurs qui étaient contre l’opposition. Après les élections, le gouvernement a « récompensé » ces électeurs loyaux en proposant un ensemble de nouvelles mesures législatives visant à réprimer l’opposition et à renforcer les préférences économiques et politiques des malais. Cela affaiblit les communautés éthniques indiennes et chinoises qui représentent, à elles seules, environ un tiers de la population nationale. Le gouvernement a, par exemple, réinstauré l’Acte de Sécurité Intérieure (ISA) tant décrié, qui permet au gouvernement d’emprisonner les gens pendant une période indéterminée sans procès et souvent sur base de vagues accusations.

Les choses sont tout aussi sombres en Thaïlande, plongée dans une crise politique depuis 2006, lorsque l’armée thaïlandaise a provoqué un coup d’Etat pendant que le Premier Ministre Thaksin Shinawatra était à l’étranger. Dès lors, la Thaïlande a été sujette à des cycles répétés de manifestations et de contre-manifestations, de violence croissante dans les rues et d’instabilité politique, ainsi que de gouvernements éphémères démantelés à travers des moyens extraconstitutionnels et le retour de répressions sévères à l’égard de toute dissidence. Les institutions thaïlandaises se sont graduellement polarisées et politisées. Même le roi, jadis adulé par les Thaïlandais tel un dieu, s’est vu remettre en question son impartialité par bon nombre de Thaïlandais.

Lire la suite, en anglais, sur l’appli de The Diplomat: I-PhoneGoogle Play
Traduction : Caroline Robert
Source (The Diplomat) : Southeast Asia democracy under siege
Photo : Ella (local colours)/Flickr

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