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Vietnam, l’agent orange, et les OGM

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Monsanto, fabricant de l’agent orange, est de retour au Vietnam pour y développer des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Selon les médias vietnamiens, le ministère de l’Agriculture a approuvé en août dernier l’importation de 4 variétés de maïs utilisées dans la transformation des aliments et dans les aliments pour animaux: MON 89034 et NK 603, produits de DeKalb Vietnam (une filiale de la multinationale américaine Monsanto), et GA 21 et MIR 162 de la firme suisse Syngenta.

Le ministère de l’Environnement aurait également délivré les certificats de bio-sécurité des variétés MON 89034, NK 603 et GA 21, afin que les agriculteurs puissent cultiver commercialement ces cultures. Un certificat similaire pour le MR 162 serait également en cours.

En 2006, le gouvernement vietnamien avait formulé un plan ambitieux en faveur des cultures GM dans le cadre d’un « grand programme pour le développement et l’application de la biotechnologie dans l’agriculture et le développement rural. » Dans le cadre du plan, le Vietnam doit cultiver ses premières cultures génétiquement modifiées en 2015, sur 30 à 50% des terres agricoles du pays d’ici à 2020.

Monsanto a été le principal fabricant de l’agent orange pendant la guerre du Vietnam. Alors que la guerre s’est terminée en 1975, ce défoliant toxique tue encore aujourd’hui. Entre 2,1 et 4,8 millions de Vietnamiens auraient été directement exposés à l’agent Orange et à d’autres produits chimiques. « Il est ironique que le Vietnam souffre encore de l’agent orange produit par Monsanto. Car il s’avère que l’herbicide Roundup, également produit par Monsanto et utilisé sur la plupart des cultures d’OGM, est lié au même type d’anomalies congénitales », a rappelé Jeffrey Smith, auteur de best-seller « Seeds of Deception » et fondateur de l’ONG américaine « Institute for Responsible Technology ».

Selon Pesticide Action Network, ces semences ne sont que le début de tout un ensemble de technologies qui vise à accroître la consommation d’herbicide, rappelant que Monsanto contrôle déjà plus d’un quart du marché mondial des semences.

Malgré cela, le Vietnam déroule le tapis rouge à Monsanto. En janvier dernier, il lui a donné le titre « de Compagnie d’agriculture durable ». Monsanto a également financé des recherches en biotechnologie au Vietnam à hauteur de 5 milliards de dollars.

Dans le cadre du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) les militants craignent cependant que les Etats-Unis ne tentent d’utiliser ce traité pour imposer des règles de propriété intellectuelle qui ouvriraient la voie pour les entreprises de semences comme Monsanto. Selon Genna Reed, chercheur à la Food & Water Watch basée à Washington : « En vertu des règles du TPP, les entreprises pharmaceutiques et les entreprises semencières auront un pouvoir illimité, leur permettant d’étendre leurs monopoles sur les brevets de génériques et de médicaments sur des périodes plus longues, et de garder un prix élevé pour les brevets sur les semences. Le traité rendrait également plus difficile les recours contre des brevets injustifiés et l’accès aux génériques dans la région du Pacifique.

Source : Brian Leung/The Diplomat
Photo : IAEA Imagebank/Flickr

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