AlterAsia

Environnement

Sarawak : stop aux intimidations liées au barrage de Baram

Upper-Baram1

Communiqué des ONG Jaringan Orang Asal SeMalaysia (JOAS), Suaram et International Rivers qui ont publié un communiqué commun pour condamner les mesures d’intimidation prises par les autorités et la société forestière à l’encontre des populations indigènes du Sarawak sur le site du barrage de Baram.

Le gouvernement et les entreprises sont complices de cette violation de la liberté de réunion et des droits fonciers des communautés locales.

Le 21 octobre, une action coercitive a été menée par la police de la Force d’Opération Générale (FOG), les dirigeants et le personnel représentant les intérêts de l’exploitation forestière de la société MM Golden afin de faire pression sur les résidents de Long Kesseh pour abandonner leurs terres coutumières et s’éloigner du site, où ils avaient mis en place une barricade.

À la suite de la violation des droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, un appel urgent a été présenté le 22 octobre au rapporteur des Nations Unies spécialisé sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli -Corpuz.

Le but de cet appel est de pointer les préoccupations envers le gouvernement de Malaisie sur les mesures prises pour démanteler de force la barricade, qui avait été installée il y a un an par les habitants de Long Kesseh pour faire valoir leurs droits coutumiers indigènes (DCI) sur la terre allouée au barrage Baram, contre leur gré.

Si ce barrage est terminé, 26 villages seront inondés, y compris Long Kesseh, submergeant 400 km2 de terres et provocant le déplacement entre 6000 et 20 000 personnes. En réponse, il y a exactement un an, le 23 octobre 2013, les habitants de Long Kesseh ont mis en place une barricade sur une zone de terres coutumières indigènes, qui devraient être submergées par l’éventuel projet hydroélectrique de 1200MW de Baram comme proposé par la Sarawak Energy Berhad (SEB).

Les résidents des “longhouses” (maisons traditionnelles) affectées par le barrage de Baram, y compris à Long Kesseh, n’ont jamais donné leur consentement pour tout déboisement ou autre projet de travaux préparatoires sur leurs terres.

Pourtant, les agents travaillant pour MM Golden revendiquent cette terre comme faisant partie d’une concession qui leur a été accordée. Bien que les circonstances liées à la délivrance du permis d’exploitation restent ambiguës, la société s’est associée à Sarawak Energy Berhad pour nettoyer les environs de la rivière Baram et aider à la construction du projet hydroélectrique.

Pour Serene Lim, de Suaram, l’ONG malaisienne de droits de l’homme, “les villageois de Baram défendent leur droit de propriété coutumier. Ils n’ont pas été informé au préalable de l’accaparement de leurs propres terres par le gouvernement ou toute entreprise privée. Voilà pourquoi les gens de Long Kesseh continuent d’affirmer leurs droits dans la région, et pourquoi ils ont décidé de construire la barricade”.

Et d’ajouter : ”il est inacceptable que les autorités soutiennent l’incursion de MM Golden sur les terres coutumières indigènes, tout en ignorant complètement les dispositions et les précédents juridiques protégeant les droits des propriétaires.

“Compte tenu de la complicité des autorités gouvernementales et des compagnies d’exploitation forestière et d’énergie violant les droits de l’homme, nous avons décidé de porter cette affaire à l’attention du Rapporteur des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.”

Selon Thomas Jalong, un résident de Baram et président du Réseau national des peuples autochtones, Jaringan Orang Asal SeMalaysia (JOAS), « Sarawak Energy a besoin d’accéder à la zone actuellement défendue par les villageois si elle veut commencer le barrage Baram. Malgré l’absence totale d’évaluation de l’impact social ou environnemental, le projet de barrage semble avoir été approuvé et SEB est prêt à se lancer dans les travaux préparatoires”.

“Nous appelons MM Golden, SEB et le gouvernement du Sarawak à respecter les droits coutumiers et les droits des peuples autochtones, à les informer, ainsi qu’à demander leur consentement au préalable”, a déclaré Tanya Lee de l’organisation International Rivers.

“Il est urgent que les autorités gouvernementales, les entreprises et les investisseurs acceptent l’opposition généralisée des Kayan, les Kenyah et les Penan contre le barrage Baram et l’exploitation forestière de leurs terres.”

“Le maintien de la législation nationale et internationale et de meilleures pratiques industrielles signifieraient l’abandon de la zone et la restitution immédiate de tout terrain déjà acquis pour les besoins du barrage de Baram aux propriétaires légitimes.”

Traduction : Aliénor Simon
Source (Aliran) : Baram Dam: Bid to expel indigenous people denounced
A visiter : Le site de Sarawak Report dédié au barrage de Baram
Photo : DR

Print Friendly
Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.