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Barrage de Don Sahong (Mékong), plusieurs ONG portent plainte au niveau international

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Des ONG cambodgiennes, thaïlandaise et américaines ont porté plainte contre une compagnie malaisienne qui construit le barrage hydroélectrique de Don Sahong, sur le Mékong. Elles réclament le respect du droit international à l’information des communautés impactées.

Une coalition de six ONG (Cambodian Rural Development Team, Forum on Cambodia, the Northeastern Rural Development(Cambodge), Thailand’s Community Resource Centre et deux ONG basées aux Etats-Unis, Earth Rights International et International Rivers), a porté plainte le 20 octobre dernier auprès de la Commission des droits de l’homme de Malaisie, Suhakam, contre la compagnie malaisienne Mega First Corporation Bhd (Corporate MFCB).

Cela fait suite à une série de campagnes récemment contre les entreprises asiatiques du secteur de l’énergie qui veulent exploiter la puissance générée par le débit du fleuve Mékong pour produire de l’électricité.

Il s’agit de la première plainte internationale pour la défense des droits humains portant sur les projets de barrages le long du Mékong, qui traverse cinq pays d’Asie du Sud-Est (Myanmar, Laos, Thaïlande, Cambodge et Vietnam).

Mega First est chargée de la construction du barrage de Don Sahong, dans la province de Champassak au Laos, à moins de deux kilomètres de la frontière avec le Cambodge. Selon les plaignants, malgré les appels de la Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam pour la suspension du projet, la filiale de la firme électrique – le Don Sahong Power Co – continue d’ignorer les menaces que cette construction constitue pour la sécurité alimentaire des communautés qui dépendent de la pêche dans le Mékong. Or, selon les ONG, ce barrage bloquerait le canal principal du Mékong, ce qui aurait un impact énorme sur les populations de poissons grands migrateurs.

Elles demandent ainsi à Suhakam d’enquêter sur Mega First, affirmant que ses « actions sont contraires aux principes reconnus du droit international : l’obligation de consulter et d’informer les communautés affectées, le devoir d’enquêter de manière adéquate les préjudices potentiels et l’obligation d’atténuer les conséquences néfastes des projets de développement ».

Mega First a refusé de rencontrer Suhakam et n’a pas répondu à la plainte déposée.

Selon Tanja Venisnik, coordinnateur juridique du Mékong pour EarthRights International : « Le projet Sahong Don est représentatif de ce qui se passe dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est (…) ».

Le barrage hydroélectrique de Xayaburi, au Laos, est également en cours de construction par le promoteur thaïlandais CH Karnchang sans l’approbation des pays voisins.

Malgré la formation de la Commission internationale du Mékong (MRC) en 1995, les conflits de barrages dans les pays riverains restent en suspens.

Source : Eco-Business

Lire aussi : Le barrage laotien de Don Sahong inquiète les habitants du delta du Mékong (AlterAsia)

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