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Philippines : les communautés indigènes protestent contre l’accaparement des terres

philipines_Manif_kampHuit peuples autochtones, sous la bannière du KAMP (Kalipunan ng mga Katutubong Mamamayan ng Pilipinas), ont protesté le 29 octobre à Quezon City. Ils demandaient la suppression de l’IPRA, un loi supposée les protéger, et de la Commission nationale des peuples autochtones (CNPA), l’instition chargée de son application.

Pour eux, cette loi du 29 octobre 1997, a aggravé l’injustice envers leurs peuples. Au lieu de les défendre, elle servirait les intérêts de l’élite dirigeante. Elle légalise en effet l’accaparement de terres ancestrales par des sociétés capitalistes, en leur délivrant des titres fonciers de terres ancestrales et de domaines ancestraux (Calts et Cadts).

« Autrefois les terres communales (ancestrales) étaient attribuées à des personnes défavorisées, ce qui a facilité leur vente à des entreprises. Or, les titres de propriété de ces terres fournis par l’IPRA ne reconnaissent plus le concept indigène de la propriété collective », ont-ils expliqué. En privatisant les terres communales, la loi a ainsi provoqué « la destruction des structures socio-politiques, et la dégradation de la culture. »

De plus, si l’IPRA prévoit le consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) des peuples autochtones comme condition préalable avant la mise en œuvre de tout projet dans les domaines ancestraux, la coalition a au contraire constaté des manoeuvres de manipulation, dans le cadre de plusieurs projets tels que les projets miniers de Bakun et de Mankayan (province de Benguet) en faveur de l’exploitation minière de Royalco et de Lepanto (mines d’or), et les grands projets énergétiques tels que Chevron à Guinaang (province de Kalinga).

Kamp a également cité la construction du méga barrage du fleuve Jalaur, dans l’île de Panay, malgré la résistance des Tumadoks, ainsi que celle du barrage de Laiban dans la Sierra Madre à Quezon et Rizal, 40 ans après le refus constant des communautés de Dumagats et Remontados.

Dans la région de la Cordillère, enfin, la CPA a signalé des cas de collusion entre le CNPA, les représentants des collectivités locales et des entreprises privées, qui donnerait l’accord de faux chefs tribaux, ou même de fausses tribues afin de contourner la résistance locale.

* La coalition rassemble les groupes suivants : Unganay (Panagkaykaysa dagiti Umili un Minorya ti Cagayan Valley), Peuples de la Cordillère de l’Alliance (CPA), Claa (Central Luzon Association Aïta), Balatik (BIGKIS à Lakas ng ng Katutubo Timog Katagalugan), Hagibbat-Mangyan Mindoro (Hanunuo Alangan Gubatnon Iraya Buhid Bangon Tadyawan), SKSM (Sierra Madre de Samahan ng mga Katutubo), Bai Réseau des femmes autochtones.

Source : Bulatlat

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