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Cambodge : nouvelle manifestation des travailleurs du textile pour un salaire décent

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Plus de 1 000 travailleurs textiles se sont rassemblés à Phnom Penh et ont marché à travers le centre ville ce dimanche 12 octobre afin de demander un salaire décent. C’est la plus importante manifestation du secteur textile dans la capitale depuis la répression meurtrière par la police militaire d’un précédent rassemblement pour une hausse des salaires, en janvier dernier.

Six syndicats ont collaboré pour organiser le parcours, ayant pour but de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il approuve une augmentation conséquente au salaire minimum mensuel de l’industrie, actuellement de 100$. Le Comité Consultatif du Travail – composé de représentants du gouvernement, des syndicats et des usines – s’apprête à faire une recommandation de salaire au gouvernement le mois prochain, avec un nouveau salaire minimum qui devra prendre effet en Janvier.

Les syndicats ont délibérément éviter de demander un chiffre précis dimanche – contrairement à un plus petit « jour d’action » de Septembre, où les travailleurs réclamaient 177$ par mois – demandant une augmentation d’au moins 50$. Les usines disent qu’elles ne peuvent proposer que 10$ d’augmentation de salaire.

Portant des t-shirt de sport rose vif sur lesquels on peut lire « Nous voulons un salaire décent », les travailleurs, de Phnom Penh et des provinces environnantes, étaient rassemblés au Freedom Park tôt le matin avant le début de la marche.

« Nous demandons un salaire décent parce que nous voulons une vie décente, une bonne santé et envoyer nos enfants à l’école » dit à la foule Ken Chhenglang, président par intérim de la Fédération nationale indépendante des syndicats textiles du Cambodge.

Le mois dernier, l’Organisation internationale du travail a indiqué qu’un récent sondage auprès d’un échantillon des 600 000 travailleurs textile du pays a montré que deux tiers des travailleurs ne consommaient pas assez d’aliments nutritifs pour rester en bonne santé, que 40% souffraient d’anémie et 15,75% étaient en insuffisance pondérale.

« Nous avons ralié la manifestation parce que nous ne pouvons pas vivre avec les salaires d’aujourd’hui », explique Yuos Makara, un ouvrier textile de Phnom Penh. « Nous le dépensons pour l’électricité, l’eau, le loyer, la nourriture et nous envoyons un peu d’argent à la maison. Parfois, il faut emprunter de l’argent à d’autres pour couvrir les dépenses quand nous sommes malades »

Depuis le Freedom Park, les travailleurs manifestent jusqu’à l’Ambassade américaine voisine, puis jusqu’au bureau de l’Union Européenne, délivrant une pétition à chaque étape qui presse les gouvernements étrangers à faire pression sur le Cambodge pour qu’il approuve une hausse significative. Les syndicats veulent aussi que les marques américaines et européennes augmentent les prix qu’elles payent aux usines cambodgiennes, pour aider à rendre possible cette augmentation.

A l’extérieur de l’Assemblée Nationale, les travailleurs soumettent leur pétition aux législateurs du Parti du Sauvetage National du Cambodge (CNRP) et du Parti du Peuple Cambodgien (CPP) qui se sont engagés à les aider.

Le législateur du CNRP Ke Sovannaroth, qui dirige la Commission du travail à l’Assemblée nationale, a informé les travailleurs que le ministre du Travail, Ith Sam Heng, avait été invité à répondre à des questions sur le salaire minimum et à d’autres questions relatives au travail mardi (07/10), mais qu’il ne l’avait pas encore fait.

Bien que le rassemblement de dimanche soit la plus grande manifestation du secteur textile depuis le 3 janvier – quand la police militaire a tiré sur la foule de manifestants qui jetaient des pierres à l’extérieur du Parc industriel Canadia, tuant 5 personnes et blessant des douzaines d’autres – quelques-uns des plus importants syndicats du pays n’ont pas participé à l’événement.

Les syndicats participants ont déclaré qu’ils avaient choisi de ne pas inviter les syndicats plus grands, les accusant de toujours dire à leurs petits homologues quoi faire, tout en fuyant leurs responsabilités lors des prises de décisions.

Kong Athith, vice-président du Syndicat de la Coalition démocratique des travailleurs de vêtements cambodgiens, le plus grand des syndicats indépendants, a dit que son groupe était tout simplement trop occupé par d’autres missions pour rallier ses membres à cet événement.

Traduction : Marie-Estelle Piard
Source (Mech Dara et Zsombor Peter/Cambodia Daily) : Garment Workers March in push for higher wages
Photo : Focus on Global South/Twitter

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