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Dawei : la nécessité d’écouter les populations locales avant d’envisager la relance du projet

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L’annonce de la visite au Myanmar les 9 et 10 octobre du Général Prayuth Chan-O-Cha, Premier Ministre thaïlandais et chef de la junte, indique que des pourparlers vont avoir lieu entre les gouvernements thaïlandais et du Myanmar pour relancer le projet interrompu du port en eau profonde et du complexe industriel de Dawei. Des articles récents de la presse quotidienne font référence aux avantages économiques dont pourrait bénéficier la Thaïlande et prédisent la reprise du projet en novembre prochain.

Cependant, il n’a pas été fait mention des multiples problèmes survenus durant les trois premières années du projet.
 
Pour ceux qui ne connaissent pas le projet, l’accord sur la construction du projet de Dawei a été signé en 2008. Initialement confié à la société Italian-Thai Development (ITD), il a connu très rapidement des difficultés et a été finalement stoppé en raison du manque d’investissements pour faire avancer ce projet gigantesque (qui devrait être huit fois plus grand que le complexe pétrochimique et industriel de Map Ta Phut). L’instabilité politique en Thaïlande a également retardé le projet bien que le gouvernement sous Yingluck Shinawatra ait activement cherché à le promouvoir.
 
A la fin de l’année dernière, la responsabilité de la gestion du projet a été transférée de ITD à une joint-venture spécialement créée entre les gouvernements thaï et du Myanmar. Appelée en jargon « Special Purpose Vehicle », ou SPV, cette entité avait enregistré une valeur de seulement 12 millions de bahts (375 000 $) en novembre 2012. Tout au long de cette année, on a recherché des investisseurs afin de trouver des financements considérables pour aider à relancer le projet. Les deux gouvernements se sont mis d’accord pour que les investisseurs de cette nouvelle phase indemnisent ITD à hauteur de la totalité des sommes déjà engagées et qui, selon certaines estimations, sont de l’ordre de 6 milliards de bahts (187,5 millions de $).
 
Néanmoins, il y a eu peu de progrès puisqu’aucun investisseur ne s’est montré intéressé par cette idée.
 
Récemment, l’actuel gouvernement Thaï a annoncé son intention de faire avancer le projet en persuadant le gouvernement japonais de soutenir l’investissement. Mais le gouvernement provisoire du Général Prayuth ne met l’accent que sur les aspects macro-économiques du projet, en passant sous silence les conséquences au niveau local qui restent à traiter telles que la perte non compensée de terres agricoles productives et de forêts, les dispositions inadaptées prises pour la relocalisation des gens et les autres problèmes environnementaux et sociaux provoqués par les opérations d’ITD jusqu’à présent. L’insécurité qui en a résulté pour les communautés locales est devenue tellement problématique que des plaintes ont été déposées auprès des commissions des droits de l’homme dans les deux pays. On doit les écouter.
 
Dawei Watch Thailand a interrogé Bo Bo Aung, membre de l’Association du Développement de Dawei (DDA), une organisation de la société civile à Dawei qui surveille ce projet.
 
Que pensez-vous de la relance du projet de Dawei ?
Le projet a apporté beaucoup de changements à Dawei, à la fois positifs et négatifs. Mais les aspects positifs et négatifs sont ressentis par des groupes différents. La plupart des aspects négatifs sont subis par les communautés indigènes et nombre de problèmes n’ont pas été réglés. Nous, les gens de Dawei, nous avons pris conscience que si notre participation au processus de décision concernant le projet est restreinte, il n’apportera pas de bénéfices mais des dommages.
 

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