AlterAsia

Politique

L’Etat islamique devient un problème pour l’Indonésie

IPAC

Un rapport de l’Institute for Policy Analysis of analysis of conflict (IPAC) basé à Jakarta examine le réseau de soutiens ISIS en Indonésie: comment il est apparu, qui l’a rejoint, comment il a évolué, et quelles solutions mettre en plus pour y faire face.

L’Indonésie, avec la plus grande population musulmane en Asie, est l’un des États les plus vulnérables en Asie du Sud à l’infiltration possible de membres de l’Etat islamique (IS, anciennement connu sous le nom ISIS).

Bien que la capacité de groupes extrémistes violents reste faible, cela pourrait changer avec le retour d’un nombre inconnu d’Indonésiens qui reviennent de combats en Syrie et en Irak, avec la formation, l’expérience du combat, et le potentiel de leadership qui manque encore à la communauté extrémiste d’Indonésie, selon ce rapport. Ce soutien à l’EI est porté par, d’une part un petit groupe d’Indonésiens, Bahrum Syah, connecté à une organisation extrémiste autrefois connue comme Al Muhajiroun et, d’autre part, par Anjem Choudary, religieux radical et l’un des fondateurs d’Al Muhajiroun.

« Lorsque Indonésiens sont allés se former en Afghanistan dans les années 1980-1990, ils ont été stimulés par la répression en Indonésie et la volonté de développer leur capacité à lutter contre Suharto. La campagne de bombardement de la Jemaah Islamiyah entre 1999 et 2002 a été déclenchée par un conflit communautaire intérieur, à Ambon et Poso. Peu se sont mobilisés pour la cause palestinienne. Mais l’appel d’ISIS est différent. Il combine une combinaison de prophéties religieuses impliquant Sham (Grande Syrie), une série de victoires en Irak en juin, le concept du califat et l’utilisation des médias sociaux », explique l’IPAC.

Pour l’Institut, le gouvernement Jokowi devrait décider de poursuivre les politiques de lutte contre le terrorisme du gouvernement Yudhoyono, y compris en s’appuyant sur des outils juridiques renforcés. « Quoiqu’il en soit, il est essentiel que la lutte contre le terrorisme soit laissée entre les mains de la police qui, au cours de la dernière décennie, a acquis les connaissances institutionnelles des réseaux radicaux ». Il préconise d’éviter que cette lutte anti-terrorisme ne serve de prétexte à octroyer davantage de pouvoir à l’armée.

Le rapport précise également que les plus forts soutiens à l’ISIS sont concentrés dans les prisons d’Indonésie. De plus, il souligne que le pays a également besoin de revoir sa politique de sécurité « Par exemple, à l’heure actuelle il n’est pas illégal pour les Indonésiens de voyager à l’étranger pour prendre part à une formation militaire », tout en évitant de transformer une loi contre le terrorisme comme une loi de sécurité intérieure, comme à Singapour. En l’absence de nouvelles lois, le gouvernement peut se replier que sur le Code pénal, qui punit l’incitation criminelle.

Source : Asia Sentinel
Télécharger le rapport complet (anglais)

Print Friendly

Tagged

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.