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Thaïlande : la commémoration du 6 octobre n’aura pas lieu

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Alors que l’ombre de la junte s’étend sur toute la nation, y compris ses universités, les activistes ont été désemparés par le fait que l’esprit démocratique des commémorations des incidents du 6 octobre doive à nouveau composer avec la suprématie militaire qui agite actuellement avec enthousiasme le drapeau du royalisme.

Le discours politique sur les incidents qui ont eu lieu il y a 38 ans a généralement été ambigu. Mais les commémorations ont été maintenues chaque année depuis le 20è anniversaire pour ne pas oublier une répression qui a fait officiellement 46 victimes, voire une centaine.

La répression par les militaires de tout débat politique dans le pays depuis le coup d’Etat du 22 mai a cependant effrayé l’Université de Thammasat, l’hôte traditionnel. Elle a ainsi refusé d’organiser cette année, cet événement politique et familial. Seuls les rites religieux seront permis lundi matin.

Le massacre du 6 octobre 1976 a frappé des étudiants et des manifestants sur le campus de l’Université Thammasat et à Sanam Luang. Ils manifestaient contre le retour en Thaïlande de l’ex dictateur militaire le maréchal Thanom Kittikachorn. Il a marqué la fin du nouvel esprit démocratique et de gauche, qui avait brièvement été toléré durant les trois années précédentes.

La veille du massacre du 6 octobre, une photo d’un simulacre de pendaison par les manifestants de Thammasat avait été publiée dans la presse de Bangkok. Pour beaucoup, les étudiants sur la photo avaient l’air de pendre l’effigie du Prince Royal Vajiralongkorn. En réponse, des forces paramilitaires outragées se sont rassemblées le soir même à l’extérieur de l’université. Le Lieutenant Général Chumphon Lohachala, chef adjoint de la police, a ordonné l’attaque au matin et autorisé les tirs sur le campus.

La répression n’a pas seulement tué par balles des manifestants mais certains corps ont été mutilés. Une junte menée par le ministre de la Défense, l’amiral Sangad Chaloryu, a immédiatement pris le pouvoir après le massacre et installé comme Premier Ministre Tanin Kraivixien, un anti-communiste de la ligne dure et favori du roi.

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