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Le défi économique de l’Indonésie

12/10/2014 by AlterAsia in Conjoncture, Economie

jakarta

Outre la montée de l’intolérance religieuse, son manque de majorité à l’Assemblée nationale, des militaires sous influence politique et la situation en Papouasie, le nouveau président d’Indonésie, Jokowi, va devoir s’attaquer à l’économie indonésienne.

Si le pays a connu un taux de croissance à 6% ces dix dernières années, les consultants internationaux, comme le groupe Bower Group Asia, craignent toutefois que le pays ne puisse pas réaliser « le grand saut économique » dont il aurait besoin, s’il conserve une politique de méfiance vis-à-vis des investissements directs étrangers.

Le pays doit trouver une nouvelle stratégie de croissance pour remplacer les revenus liés à l’exportation du charbon, des minéraux, de l’huile de palme et autres cultures de plantation dont la propagation cause de graves problèmes environnementaux.

Avec des subventions pour financer le combustible et l’électricité (de plus en plus importés) qui prennent déjà un quart des revenus du gouvernement, l’Indonésie a peu de marge de manœuvre budgétaire sans réformer.

D’après un consultant de Bower Group Asia, la réalité économique rattrappe les promesses de campagnes électorales, comme la diminution de la dépendance du pays vis-à-vis des importations et des investissements directs étrangers, l’élargissement du secteur public et la lutte contre les méfaits du libre-échange.

Les deux camps, Jokowi et Prabowo, ont affirmé même que l’Indonésie avait besoin de sécurité alimentaire, mais surtout d’auto-suffisance alimentaire. Avec l’ASEAN qui s’apprête à lancer sa communauté économique à la fin de 2015, ils ont également exprimé leur méfiance du libre-échange. Dans un débat, Widodo a même suggéré que la bureaucratie prenne la main sur ce terrain à l’encontre des entreprises étrangères.

Dans le domaine de l’investissement étranger dans les ressources naturelles, Jokowi a déclaré que les contrats existants ne seront pas abrogés, mais que lorsqu’ils arriveront à échéance, la gestion serait assurée par une instance indonésienne et le secteur public aurait un droit de préemption pour en récupérer la propriété.

Simple rhétorique électorale? d’après cet observateur de Bower Group Asia « Jokowi ne fait qu’exprimer publiquement des sentiments et des politiques largement approuvés parmi la bureaucratie et l’élite politique ». Par ailleurs, il voit également d’un bon oeil le fait que la nouvelle équipe présidentielle vienne d’un milieu de l’entreprise plutôt que de celui des «chercheurs de rente» : Jokowi a fondé une entreprise de fabrication de meubles et le vice-président Jusuf Kalla a transformé son activité de négoce famillial en conglomérat.

« Si l’Indonésie sous Jokowi continue la politique précédente qui vise à restreindre progressivement l’investissement direct étranger, en restant profondément sceptique quant aux avantages du libre-échange pour réduire la pauvreté et hostile au secteur privé, l’Indonésie dans cinq ans – étant donné l’accent très admirable de Jokowi sur la santé , l’éducation et l’infrastructure – le pays pourrait se retrouver dans une situation certes plus saine, avec une population mieux éduquée et une légère amélioration des infrastructures, mais bel et bien coincé dans le piège du revenu intermédiaire.

Source : New Mandala
Photo: AditChandra / Flickr

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