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Philippines : peuples autochtones et écolos veulent la fin du « pillage minier » d’OceanaGold

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Les agriculteurs du peuple Ifugao (au nord de Nueva Vizcaya) et les écologistes ont protesté contre le ministère des Ressources naturelles (DERN) ce 18 septembre, appelant à l’arrêt des extractions d’or et de cuivre à grande échelle par la société australienne OceanaGold.

OceanaGold était l’une des premières sociétés minières à signer un Accord d’assistance financière et technique (ZLEA) en 1994. Cet accord a donné la pleine propriété à l’entreprise de 14 187 hectares de terres riches en or du Didipio et des villages voisins de Kasibu, dans la province de Nueva Vizcaya.

Pour Clemente Bautista, coordinateur national du Réseau Kalikasan PNE, les opérations minières de OceanaGold représentent « un risque grave pour l’environnement » des communautés du Kasibu, Nueva Vizcaya. Une mission d’enquête de l’environnement (MIE) effectuée ce mois-ci par Kalikasan PNE, le groupe scientifique Agham, et l’alliance provinciale ANNVIK sur les cours d’eau touchés par l’exploitation minière a montré que la contamination de l’eau est massive en métaux lourds, en particulier dans la rivière Didipio : « La concentration de cuivre dans l’eau testée atteint un niveau deux fois plus haut que celui autorisé pour l’irrigation et huit fois le niveau maximal pour la survie des organismes (…) Ces niveaux menacent l’approvisionnement des populations en poissons et en crustacés et retarde la productivité des terres agricoles irriguées ou inondées par ces eaux. » La présence de cuivre retrouvée dans les champs de riz peut également être transmise par la consommation humaine. L’empoisonnement au cuivre peut causer diverses maladies qui affligent notre système sanguin, digestif et intestinal, voire le foie et les reins.

Les moyens de subsistance de la communauté ont diminué avec la perte de leurs fermes et de leur eau douce, et ceux qui ont eu trouvé un emploi chez OceanaGold restent sans protection sociale appropriée. Beaucoup restent injustement indemnisés pour les dommages causés à leurs terres, ont expliqué les manifestants.

En 2011, la Commission des droits de l’homme a recommandé au président Aquino de retirer la ZLEA OceanaGold après que la compagnie a été reconnue coupable de violations des droits humains contre les communautés qui résistaient à ses opérations. Toutefois, la Société a poursuivi ses opérations. Au Salvador, le gouvernement a refusé le permis d’exploitation minière de OceanaGold. La société a riposté en déposant une plainte de 300 millions de dollars contre le gouvernement du Salvador.

« Pour mettre fin à la dégradation de l’environnement et à la violation des droits de la personne, l’exploitation minière devrait être orientée vers les besoins domestiques plutôt que vers les profits privés extérieurs et les exigences du marché mondial », ont souligné les groupes présents, appelant notamment à revoir la fiscalité pour l’industrie minière.

Résumé par : Céline Boileau
Source : Bulatlat
Photo : KAMP/Bulatlat

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