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Philippines : Benny Barid, prisonnier politique, décède en prison

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« Sa mort illustre ce qu’est la loi martiale dans notre pays aujourd’hui. Il a souffert et est mort à cause de la cruauté et de l’injustice de ce gouvernement qui parle de « démocratie », mais qui renie les droits des prisonniers politiques. » – Cristina Gueverra, secrétaire générale de Hustisya.

Le prisonnier politique Benny Barid est mort le 18 septembre à 11 heures du matin.
Durant des années, Barid (54 ans), a effectué des allers-retours à l’hôpital de la Prison New Bilibid, situé dans la ville de Muntinlupa, à cause de sa bronchite asthmatique chronique et emphysème.
Depuis 2010, cependant, à cause des conditions déplorables au sein de la prison et de son hôpital, ses crises d’asthmes ont empiré. Selon Hustisya (groupe oeuvrant pour les droits de l’homme), son séjour prolongé à l’hôpital de la prison l’ont rendu plus vulnérable aux autres maladies.

Benny Barid a été arête en juillet 2006 pour un massacre présumé à Ilocos Norte en 2004. Il a été reconnu coupable et condamné à une sentence correspondant à trois emprisonnements à vie.

Les autres prisonniers politiques de la prison étaient en deuil. « Nous voudrions transmettre nos condoléances à la famille de Benny Barid. Les conditions déplorables et le manque de services médicaux au sein de la prison ont été des facteurs déterminants dans sa souffrance. Il avait perdu espoir en voyant que le gouvernement n’a pas levé le petit doigt pour faire libérer les prisonniers politiques », ont déclaré les prisonniers politiques de la prison. « La lutte pour la liberté se poursuit. »

Les autres prisonniers politiques se sont occupés de lui, trouvant le moyen de lui procurer les medicaments dont il avait besoin. Benny Barid a été prisonnier politique durant la dictature de Marcos, mais le régime du Président Corazon Aquino lui a accordé une amnistie. Il a été arrêté en 2004 pour contestation et possession illégale d’armes à feu. Les deux affaires ont été révoquées.

En 2005, il a été arrêté et emprisonné une nouvelle fois pour près de deux mois. L’armée a fouillé sa maison et rapporté la découverte d’armes à feu. D’après une déclaration faite par Hustisya, les forces de l’ordre ont constamment fait passer Benny Barid pour un membre de la New People’s Army (« Armée du Nouveau Peuple »), la branche armée du Parti Communiste des Philippines.
D’après Hustisya, l’armée a meme pris son enfant en otage pour le forcer à se rendre.

Aquino responsable

Les groupes pour les droits de l’homme ont longtemps demandé la libération de Barid pour raisons humanitaires. Avec ça, Hustisya affirme que l’administration d’Aquino devrait être considérée comme responsable de la mort de Barid.

« Sa mort illustre ce qu’est la loi martiale dans notre pays aujourd’hui. Il a souffert et est mort à cause de la cruauté et de l’injustice de ce gouvernement qui parle de « démocratie », mais qui renie les droits des prisonniers politiques. », a déclaré Cristina Gueverra, secrétaire générale de Hustisya.

Sur les 504 prisonniers politiques du pays, 53 sont victimes de différents maux. Parmi les prisonniers politiques morts en détention, on comptait Crisanto Fat et Alison Alcantara. Alcantara a été emmené à l’Hôpital Général de Manille après être tombé dans le coma à l’hôpital de la prison en 2013.
« Combien d’autres prisonniers politiques malades devront souffrir des horribles conditions inhumaines qui règnent dans les différents centres de détention à travers le pays ? Combien d’autres mourront après Alison Alcantara et Benny Barid ? » a demandé Guevarra.

Libérer les prisonniers politiques

Le groupe pour les droits de l’homme Selda, de son côté, a mis le gouvernement d’Aquino au défi de libérer les prisonniers politiques en date de la commémoration de la déclaration de la loi maritale dimanche, 21 septembre.

Des décennies après la loi mariale, Selda affirme que le pays continue « à faire face à la réalité peu réjouissante que représente l’existence des prisonniers politiques. » De plus, les prisonniers politiques se retrouvent avec des accusations inventées de toutes pièces et bon nombre d’entre eux ont été torturés et on leur a refusé le droit à un avocat et à un procès en bonne et due forme.
« Ils doivent faire face à des conditions d’emprisonnements inhumaines, des emprisonnements de plus en plus long à cause des procédures judiciaires extrêmement longues », a déclaré le groupe.
Roneo Clamor, porte-parole de Selda, a annoncé que les conditions déplorables, les bâtiments de détention pratiquement inhabitables et dangereux, mettaient en péril les vies des prisonniers politiques les plus vulnérables et les plus âgés.

« Les mains du Président Aquino sont souillées par le sang des prisonniers politiques malades. L’insensibilité de son gouvernement et l’injuste dont il fait preuve à l’encontre des prisonniers ne diffère pas du régime de Marcos. Le gouvernement d’Aquino perpétue le culte de l’impunité. Nous appelons le peuple à s’unir et à demander justice et liberté pour tous les prisonniers politiques. » a déclaré Clamor.

Traduction : Caroline Robert
Source (Janess Ann J. Ellao/Bulatlat) : Aililng political prisoner dies
Photo: Free All Political Prisoners

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