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La Thaïlande dépendante de l’esclavage pour nourrir sa croissance économique?

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Dans son rapport annuel 2014 sur le trafic humain (TIP), le département d’Etat américain a déclaré que les efforts du gouvernement thaïlandais étaient hautement inefficaces. Il estime que près d’un demi-million de sans-papiers pourraient réduits à l’esclavage dans le pays.

Sur 188 pays, la Thaïlande figure parmi les 20 derniers directement ou indirectement impliqués dans la violation des droits humains du fait d’une lutte inefficace contre la traite des êtres humains. Parmi les autre pays figurent la Corée du Nord, l’Iran, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Malgré les résolutions de l’ONU condamnant la traite des individus, le trafic d’êtres humains continue d’augmenter en Thaïlande, proportionnellement au développement économique du pays.
Ce dernier s’accompagne en effet d’une demande croissante de main-d’œuvre non qualifiée et à bas prix, satisfaite par les migrants illégaux en provenance du Cambodge, du Myanmar et du Laos.

Les enquêtes sur les conditions de travail dans le secteur de la crevette thaïlandaise étudiées menées par Reuters, The Guardian et l’Environmental Justice Foundation ont servi de preuves pour le Département d’État des États-Unis. The Guardian avait constaté que les travailleurs de différents pays payaient des courtiers pour les aider à trouver du travail en Thaïlande dans les usines ou sur les chantiers, pour être finalement vendus comme esclaves à des capitaines de bâteau. Selon les conclusions formulées par les experts et les journalistes du Royaume-Uni et des États-Unis, l’esclavage est le facteur clé du succès de l’industrie de la crevette thaïlandaise.

Bien que le trafic humain en Thaïlande a son propre contexte historique, souvent associé à l’essor de la traite sexuelle au cours de la guerre d’Indochine, c’est la demande accrue de main-d’œuvre à bas prix qui a attiré un grand nombre de migrants clandestins, dont près de 600 000 dans le secteur de la crevette thaïlandaise.

Selon un autre rapport, préparé par Human Rights Watch, les migrants ne doivent pas seulement faire face à de longues périodes de détention mais sont également privés de leur droit de recours contre de telles pratiques. De plus, ce ne sont pas seulement les migrants qui sont soumis à l’usage de la force, mais aussi leurs enfants. Human Rights Watch estime qu’il y a près de 375 000 enfants de migrants en Thaïlande, y compris les enfants des travailleurs migrants des pays voisins, réfugiés et demandeurs d’asile.

Source : Asia Sentinel
Télécharger le rapport

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