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L’Indonésie et la Malaisie face à l’Etat Islamique

21/09/2014 by AlterAsia in Gouvernance, Politique

Abu Bakar Bashir

Devant les messages de soutiens à l’idéologie de l’Etat Islamique sur les médias sociaux, les autorités ont officiellement condamné ce groupe extrêmiste. Des mesures pourtant insuffisantes.

Le gouvernement indonésien a récemment interdit l’État islamique (EI) et le Conseil indonésien des oulémas (MUI) a également publié un communiqué déclarant qu’il était « haram » (« interdit ») pour les musulmans à participer à des activités de l’EI. De son côté, le Premier ministre malaisien Najib Razak a récemment publié une déclaration très ferme condamnant l’EI pour ses actions « à l’encontre de la foi et de la culture islamique, mais aussi de l’ensemble de l’humanité ».

Ces mesures sont pourtant insuffisantes face à la propagation en ligne des croyances idéologiques de l’EI : après l’appel du Calife de l’Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi à se joindre à la cause jihadiste en Syrie et en Irak, une image du religieux Abu Bakar Bashir dans sa prison de haute sécurité de Nusakambangan (Java) avec un drapeau de l’EI comme toile de fond a été largement diffusée en juillet dernier sur les médias sociaux. Il appelait les Indonésiens à soutenir leurs « confrères » de l’EI, tout comme Aman Abdurrahman, un autre leader djihadiste emprisonné qui aurait aussi traduit des publications de l’EI, ou même un combattant indonésien de 19 ans, connu sous le nom de « al-Indonesi ». Selon l’Agence nationale de l’Indonésie pour la lutte contre le terrorisme (BNPT), 34 Indonésiens ont rejoint l’EI. Ces chiffres excluent ceux qui ont rejoint d’autres groupes en Syrie et en Irak dans la cause jihadiste.

Selon les autorités malaisiennes, l’EI n’a attiré qu’un petit nombre de Malaisiens à travers les médias sociaux, tout en levant des fonds par les mêmes canaux. Début août, les photos d’un Malaisien de 52 ans mort au combat et autrefois membre de la Kumpulan Mujahiden Malaysia (KMM), ont connu un certain succès.

Les divergences dans les facteurs de motivation des Indonésiens (plus portés sur la théologie) et des Malaisiens (dont les raisons sont plus floues) à rejoindre l’EI, ainsi que les différences de contexte, soulignent la nécessité d’adapter les réactions à chaque pays.

En réponse à l’attentat de Bali 2002, au double attentat du Marriott et Ritz-Carlton en 2009, et à d’autres attaques sur le sol indonésien, Jakarta a ajusté sa stratégie de lutte contre le terrorisme. Le pays a poursuivi plus de 600 terroristes. Actuellement, la responsabilité des opérations de contre-terrorisme reste du ressort de la police indonésienne, en particulier l’unité d’élite de lutte contre le terrorisme, « Detachment-88 ». Deux tendances ont toutefois vu le jour dans les récentes attaques terroristes:
– l’incidence croissante des attaques ciblant la police ;
– l’émergence d’alliances entre les combattants djihadistes et des groupes « d’autodéfense » religieuses, comme l’organisation islamiste, Jamaah Ansharut Monothéisme (JAT). Une alliance facilitée par le contexte de la violence à l’encontre des groupes minoritaires (ahmadis, les chiites et chrétiens).

En Malaisie, quatre nouveaux groupes militants malaisiens ont été identifiés: BKAW (dont l’un de ses membres s’est fait connaître par son attentat-suicide en Irak), BAJ, Dimzia et ADI, en faveur de la création d’un « super califat islamique » dans certaines parties de l’Asie du Sud-Est, y compris laïques, comme Singapour.

Source : The Diplomat
Photo : RubyGoes / Flickr (Abu Bakar Bashir)

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