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Sucre made in Cambodge : les paysans expulsés rejettent la dernière offre du groupe britannique Tate & Lyle

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Les représentants des 200 familles cambodgiennes poursuivant le groupe britannique Tate & Lyle en justice pour avoir acquis des bénéfices grâce à la terre volée, déclarent avoir refusé la dernière offre du groupe qui aurait pu mettre un terme à ce différend. A présent, ils attendent la première audience qui aura lieu en octobre.

Les représentants des 200 familles cambodgiennes poursuivant le groupe britannique Tate & Lyle en justice pour avoir acquis des bénéfices grâce à la terre volée, déclarent avoir refusé la dernière offre du groupe qui aurait pu mettre un terme à ce différend. A présent, ils attendent la première audience qui aura lieu en octobre.

Ces familles font partie de plus de 400 autres familles accusant plusieurs plantations de sucre majoritairement thaïlandaises dans la province de Koh Kong d’avoir saisi illégalement leurs fermes depuis 2006. Ils ont poursuivi Tate & Lyle lors d’un procès à Londres en mars 2013, affirmant que le groupe britannique leur devait une compensation pour avoir tiré des bénéfices s’élevant à plusieurs millions de dollars. Il s’agit du sucre acheté par le propriétaire thaïlandais, Khon Kaen Sugar.

Les efforts afin d’arriver à un accord en-dehors du tribunal après l’échec des discussions en juillet dernier se sont poursuivis.

Lundi, cependant, un représentant des familles poursuivant Tate & Lyle a annoncé que la dernière offre pour une terre nouvelle et de l’argent avait également été refusée.

«La société thaïlandaise qui a planté du sucre sur notre terre nous a proposé un autre terrain, à environ trois ou quatre kilomètres de notres plantation. L’endroit exact n’a pas encore été révélé », a déclaré Teng Kao qui dit avoir perdu sa ferme de 14,5 hectares (exploitant mangues et noix de cajou) au profit des plantations en 2006.

« Notre avocat nous a également dit que Tate & Lyle, par le biais de leur avocat à Londres, offre 305 000 dollars aux 200 familles si elles stoppent les poursuites. Nous avons refusé et nous voudrions que l’affaire se poursuive », a-t-il déclaré.

D’après lui, l’audience a été programmée pour octobre, mais il ne connaît pas encore la date exacte.

Yin Chheav, un autre représentant des familles, a annoncé qu’elles étaient toujours prêtes à entendre une meilleure offre, mais il pense qu’une audience est le meilleur moyen pour que les familles obtiennent la compensation qu’elles méritent.

« Je suis vraiment content que la cour de justice en Angleterre ait fixé une date afin d’étudier notre affaire contre Tate & Lyle », a-t-il déclaré. « Nous avons perdu nos fermes et notre travail. Le groupe doit porter la responsabilité d’avoir appauvri des villageois qui étaient déjà pauvres. »

D’après une source qui est au courant des négociations, Khon Kaen avait offert des fermes de substitution aux familles sur une autre partie de leur terre correspondant aux pertes des familles qui s’élevait à 1 364 hectares selon ces dernières.

« Le gouvernement a accepté, grâce à l’implication de KSL (Koh Kaen), de mettre à disposition des parcelles de terre aux villageois depuis les concessions de Koh Kong, en guise de remplacement », a déclaré la source. « Tate & Lyle a précisé être surtout inquiet pour sa propre réputation et devoir forcer KSL à répondre uniquement à cause de sa « bonne réputation ».
Cette réputation a pris un coup depuis ce différend.

Les familles ont lancé une campagne visant à boycotter ce qu’elles appellent « le sucre de sang » vendu par Tate & Lyle et d’autres compagnies. Celles-ci sont accusées d’acheter du sucre produit sur des plantations cambodgiennes dont les terres ont été volées.

L’année dernière, le groupe international Bonsucro, qui promeut l’exploitation éthique du sucre pour les industries agroalimentaires et énergétiques, a suspendu l’affiliation de Tate & Lyle pour avoir omis de répondre à des questions concernant le différend de Koh Kong.

L’année dernière également, Tate & Lyle a menacé de poursuivre le journal britannique The Guardian en justice pour avoir publié un reportage sur le travail des enfants dans les plantations, mais a finalement abandonné et déclaré qu’il allait enquêter sur ces présomptions.
Les représentants de Khon Kaen et des plantations n’ont pu être contactés lundi. Le porte-parole de Tate & Lyle n’a pas donné suite aux requêtes concernant une éventuelle déclaration.

Tate & Lyle nie toute responsabilité quant aux allégations soulevées par les familles à l’encontre des plantations. D’après le groupe, un audit tiers de Khon Kaen a blanchi la compagnie, mais a refusé de partager une copie du rapport.

Traduction: Caroline Robert (Tradadev)
Source (Kuch Naren et Zsombor Peter/Cambodia Daily): Evictees reject latest settlement offer from UK sugar firm
Photo : O.F.E./Flickr

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