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Cambodge : un homme d’affaires proche du parti au pouvoir lance un journal

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T. Mohan éditeur et homme d’affaires malaisien arrêté dans les années 1990 pour tentative d’extorsion envers le responsable d’un casino, est de retour sur le marché de la presse cambodgienne.

Au début du mois, la démission d’un porte parole du gouvernent pour un poste de journaliste dans le dernier journal d’information en anglais créé au Cambodge, a propulsé “The Kmer Times” de Mr Mohan, en tête des ventes en kiosques.

Suite à son numéro de lancement le 2 mai, la deuxième parution de l’hebdomadaire est sortie vendredi avec des articles sur les appels du CPP (le parti du Premier ministre Hun Sen, ndlr) à engager les réformes nécessaires à sa survie électorale, un profil sur le “côté humain” de Mu Sochua une élue de l’opposition et un article sur la situation économique du pays. Le témoignage de Mark, un touriste australien ayant séjourné 2 fois au Cambodge, qui déclare qu’il ne connaît pas grand chose à la politique cambodgienne, mais qu’en ce moment, il ressent tout de même une certaine agitation” est à lire en page 4.

Mariam Arthur, Américaine et rédactrice en chef, tient également une rubrique Opinions. Dans la deuxième parution, elle traite des bouleversements en Egypte de ces dernières années et demande aux Cambodgiens qui prônent la révolution plutôt que des réformes, de garder en tête l’exemple de la montée et de la chute du Président Mohamed Morsi.

“Au mois de mars 529 partisans de Morsi ont été condamnés à mort, ajoute Mariam Arthur. Si le Cambodge devait avoir son “Printemps Kmer” cela signifierait que le dirigeant arrivé au pouvoir à la suite d’une révolution musclée courre le risque d’être renversé par ses propres partisans en cas de déception”. “Les manifestations violentes et les émeutes ne se terminent jamais” conclut Mariam Arthur.

Tant Mme Arthur que Mr Mohan, pourtant listé dans l’Ours du journal comme rédacteur en chef, ont refusé d’être interrogés pour cet article. “Le journal parle de lui même” a répondu Mme Arthur dans un courriel.

Entre 1993 et 1995, Mr Mohan a dirigé la publication du Cambodia Time, un journal en anglais dont le siège est à Kuala Lumpur. Il a ensuite exercé pour “The Vision” la fonction d’éditeur-rédacteur en chef jusqu’à sa faillite en 2000.

Selon un sous-décret publié dans la Royale Gazette de Février 2011, Mr Mohan présiderait une concession foncière de 7187 hectares de terres au Phnom Bokor National Park dans la province de Kampot.

Mr Mohan a également écrit en 1999 une série de fausses accusations sur un groupe d’insurgés des régions Nord les “Kmer Serey” largement démenties par la suite. En 2000, il a été arrêté puis relâché après une tentative d’extorsion d’une somme de 5000 $ sur la personne de Mr Song Meng Kong, vice-président du NagaWorld Casino, soi-disant à la demande du groupe d’insurgés.

Ek Madra, le porte-parole du gouvernement démissionaire qui figure désormais comme l’un des 8 journalistes du Kmer Times, a déclaré lundi avoir conservé un poste de fonctionnaire au département presse du Conseil des Ministres. Il avait également collaboré au Cambodia Daily et à l’Agence Reuters dans les années 1990 à 2000, avant sa nomination en 2009 au poste de porte parole du gouvernement sous le nom de Ek Tha.

« Ma participation à ce journal n’a aucun lien avec mon travail. Je suis fonctionnaire à plein temps et les weekends, j’écris des articles pour améliorer mes conditions de vie, a-t-il expliqué.

“Je ne pouvais pas rester porte parole et écrire des articles dans le même temps, sans être accusé de conflit d’intérêt”, a conclu Mr Madra.

Dans le n°2 du journal, il a écrit un article consacré au retour la semaine dernière de la statue du Xè siècle, Duryodhana, en provenance des Etats Unis, saluant au passage les efforts de Mr Sok An, son patron au Conseil des Ministres.

Traduction : Michelle Boileau
Source (Cambodia Daily) : CPP friendly businessman launches newspaper

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