AlterAsia

Environnement

Philippines : le harcèlement continue, un autre paysan de Luisita enlevé 

vicente-sambu

Des centaines de paysans et leurs sympathisants font face à plusieurs charges criminelles, déposées par Tadeco (Tarlac), la police et l’agence de sondage engagée par le Département de la réforme agraire (DAR).

D’après Unyon ng Manggagawa sa Agrikultura (Uma), un paysan de l’Hacienda Luisita a été arrêté par les autorités le 16 mai dernier, sans mandat d’arrêt.

Vicente Sambu, membre d’Alyansa ng Magbubukid sa Asyenda Luisita (Ambala), a été arrêté par la police de Tarlac entre 14 heures et 15 heures ce vendredi 16 mai alors qu’il était chez lui, au village d’Asturias. Il est actuellement détenu au poste de police San Sebastian à Tarlac.

Sambu, ainsi que d’autres personnes, a été arrêté pour la première fois le 21 décembre 2013 lorsque lui et ses collègues ont tenté d’empêcher les gardes de sécurité envoyés par les familles Cojuangco-Aquinos de raser les terres agricoles du village de Balete. On les a condamnés pour blessures physiques et incarcérés à Camp Macabulos, le quartier-général provincial de la Police Nationale des Philippines (PNP). Les cinq personnes ont été relâchées au bout de deux jours ; le procureur ayant ramené l’affaire à une enquête préliminaire pour manque de cause probable.

Dans une interview avec Bulatlat.com, Sambu a déclaré que dix officiers de police l’ont frappé et forcé à entrer dans leur voiture. Les accusations portées par Tadeco (Tarlac Development Corporation), une compagnie dont la famille du président President Benigno Aquino III est propriétaire, ont récemment été levées. Une autre accusation pour agression directe à l’attention de personnes dépositaires de l’autorité a été portée à l’encontre de Sambu et de ses collègues en janvier 2014, suite à l’incident du 21 décembre 2013. Les autres accusés sont Jose Baldiviano, Ronald Sakay, Rod Acosta et Mamerto Mandigma.

D’après Uma, il n’y a eu que deux procès dans l’affaire et les plaignants ne sont pas présentés aux audiences.
Luisita Watch, un réseau de soutien aux paysans de l’Hacienda Luisita, a condamné l’incident.

« Tadeco continue d’arracher leurs terres aux paysans malgré l’avis émis par le Département de la Réforme Agraire et la Cour Suprême, donnant l’ordre de distribuer les terres aux travailleurs agricoles bénéficiaires », selon Luisita Watch.

Des centaines de paysans et leurs sympathisants font face à diverses accusations criminelles portées par Tadeco, la police de Tarlac et l’agence de sondage engagée par DAR. Parmi ces accusations, on retrouve des séquestrations illégales, des actes malveillants, de graves menaces, des blessures physiques, des intrusions, pour n’en citer que quelques-unes.

« Nous nous battons seulement pour notre droit à la terre et pourtant, c’est nous que l’on arrête et que l’on met en prison, » a déclaré Florida Sibayan, présidente d’Ambala, lors d’une précédente interview pour Bulatlat.com. Sibayan a elle-même été accusée d’actes malveillants, de menaces et d’agression directe.

Les membres d’Ambala ont porté des contre-accusations à l’encontre des Cojuangco-Aquinos, des membres de la police locale et des gardes de sécurité, devant le Département de la Justice (DOJ) en janvier, cette année. A ce jour, le DOJ n’a pris aucune action par rapport aux accusations portées par les paysans de l’Hacienda Luisita.

Source (Ronalyn V. Olea/Bulatlat.com): Harassment continues, another Luisita farmer nabbed
Traduction : Caroline Robert (Tradadev)

Print Friendly

Tagged

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.