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La réduction des catastrophes volcaniques en Indonésie passe par la prévention

10/05/2014 by IRIN in Climat, Environnement

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Les millions d’Indonésiens qui vivent près des quelque 130 volcans actifs du pays se demandent sans arrêt s’ils doivent évacuer. Selon les experts, il faut développer la connaissance scientifique des volcans qui va parfois à l’encontre des croyances locales, afin de sauver plus de vies.

« Les communautés mettent en balance les risques d’éruption volcanique avec les avantages de vivre dans une région hautement fertile », explique Kate Crowley, conseillère pour la réduction des risques de catastrophes, de l’Organisation catholique pour le développement d’Outre-mer (CAFOD).

Selon elle, si certains signes d’alerte culturellement acceptés peuvent protéger les communautés présentes dans tout l’archipel, d’autres – comme la croyance en des rites qui apaiseraient les entités surnaturelles responsables des éruptions – peuvent aussi créer un faux sentiment de sécurité.

« Les communautés ont leurs propres systèmes d’alerte précoce fondés sur la tradition et les signes naturels, et [il peut leur être difficile] de croire en une surveillance scientifique », ajoute Anat Prag, chargé de programme à Caritas, une organisation non gouvernementale humanitaire en Indonésie.

D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 76 000 personnes ont fui leurs maisons et plus de 200 000 ont été touchées par l’éruption du volcan Kelud en février sur l’île indonésienne densément peuplée de Java. Cependant, certains habitants ont refusé d’évacuer.

Le volcan Merapi, situé entre Yogyakarta et Java Centre, est le plus dangereux d’Indonésie. Tous les deux ou trois ans, ses éruptions rejettent des coulées pyroclastiques – un mélange de gaz sulfuriques à 815°C et de débris – qui dévalent les flancs du volcan jusqu’à 240 km/heure.

Plus d’un million de personnes vivent dans un rayon de 10 km autour du sommet, où ils risquent leur vie à tout moment. Depuis les années 1990, les éruptions du Merapi ont fait des centaines de morts.

Mais les volcans sont également un facteur d’attraction pour les agriculteurs. Le sol nourri par les cendres volcaniques est extrêmement fertile, ce qui pousse la population à s’installer sur les flancs des volcans ou à proximité. Les coulées pyroclastiques couvrent généralement un rayon de 10-15 km autour du sommet. Les projections sont plus violentes dans un rayon de 10 km.

Avec des éruptions régulières, le Merapi est aussi un terrain d’entraînement pour les interventions de secours – y compris les efforts pour contrebalancer le savoir local avec des mesures de protection techniques.

« Les systèmes de croyances qui concernent le Merapi ne sont pas encore intégrés à la réduction des risques. Si les gens ne comprennent pas ce qui leur est dit, car cela n’a pas de sens pour eux, ils ne vont pas écouter et se feront tuer [par les éruptions] », d’après Mme Crowley.

Les limites de la connaissance locale

Beaucoup de communautés qui habitent à proximité du Merapi croient que des entités surnaturelles – ou « créatures » – vivent au sommet du volcan et contrôlent son activité. D’autres croyances poussent certaines personnes à observer des rites comme celui d’enterrer une tête de buffle près du sommet.

« Quand des gens disparaissent [d’autres habitants de la communauté] affirment qu’ils ont été enlevés par les créatures, qui les protègent des éruptions selon eux, ou [parce qu’ils] n’ont pas respecté les règles ou les tabous qui satisfont les entités », poursuit Mme Crowley. Elle a coécrit un article en 2012 qui examine la compréhension locale des risques liés au Merapi et les stratégies « mises en place grâce à l’expérience acquise en côtoyant le danger… [qui] peuvent être transformées en stratégies d’adaptation pour les communautés exposées ».

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