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Pourquoi les sondages indonésiens se sont-ils trompés sur les partis islamiques

electio-indonesie-2014

L’industrie indonésienne des sondages politiques a explosé ces dernières années en Indonésie, où des dizaines d’organismes de plus ou moins bonne réputation ont publié des résultats d’enquêtes avant les élections législatives de 2014. Pourtant, cette profusion d’enquêteurs n’a pas empêché une tendance générale à sous-estimer les intentions de vote en faveur des quatre plus grands partis islamiques (ou orientés vers l’Islam) d’Indonésie.

Les « quatre grands » partis islamiques en question sont le PAN (Parti du Mandat National) et le PKB (Parti du Réveil National), des partis s’appuyant sur les préceptes du Pancasila et qui conservent des liens avec les grandes organisations islamiques d’Indonésie; le PKS (Parti Justice et Prospérité), un parti un temps reconnu comme l’un des plus conservateurs d’Indonésie, qui a adopté une image de plus en plus centriste afin d’augmenter son attrait populaire; et le PPP (Parti du Développement Uni), seul parti islamique hérité de l’Ordre Nouveau, qui a gardé une posture conservatrice sur les principales questions politiques et continue de se positionner comme le parti le plus à même de représenter une large part de l’électorat islamique.

Les deux premiers partis peuvent être décrits comme des partis islamiques pluralistes tandis que les derniers se caractérisent par un islamisme conservateur. Le PBB (Parti du Croissant et de l’Etoile), successeur auto-proclamé du Masyumi, était le seul parti islamique non représenté au Parlement à se qualifier pour disputer les élections de 2014.

En 2009, les partis islamiques avaient enregistré leur pire résultat de l’ère post-autoritaire. Cependant, les chiffres parus avant les élections de 2009 par plusieurs des principaux instituts de sondage avaient prédit une baisse de leur score plus forte que ce qui s’était réellement produit. Le même scénario avait été observé en 2004 lorsque les partis islamiques avaient obtenu de bien meilleurs résultats que les sondages ne le prévoyaient.

Pour beaucoup d’observateurs experts de la vie politique indonésienne, les sondages publiés en amont des élections de cette année avaient comme un sentiment de déjà vu. Presque tous les principaux instituts de sondage ont publié des chiffres suggérant que les partis islamiques allaient connaître une forte réduction de leur nombre d’électeurs. Par exemple, les chiffres publiés par le respecté institut Indikator, basés sur des enquêtes menées du 18 au 24 mars 2014, prévoyaient des résultats moyens voire désastreux pour les quatres principaux partis islamiques.

Selon ces chiffres, le PKS aurait échoué à passer le seuil parlementaire de 3,5% des suffrages – un résultat catastrophique pour le premier parti islamique au parlement national. Alors que de nombreux observateurs s’attendaient à ce que les électeurs les plus engagés se rendent en masse aux urnes pour assurer un maintien du PKS à Senayan, les répercussions d’un important scandale de corruption qui a fait chuter l’ancien président du parti Luthfi Hasan Ishaaq l’an dernier ont convaincu plusieurs observateurs électoraux qu’un violent retour de bâton était inéluctable.

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