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Les marques de mode préoccupées par la liberté syndicale au Cambodge?

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30 marques internationales de vêtements ont écrit au vice premier ministre Keat Chhon le 14 mars dernier pour lui exprimer leur préoccupation quant au projet de loi qui permettrait la suspension ou la dissolution arbitraire des syndicats.

La lettre signée aussi bien par des marques comme H&M, Adidas et Nike, que l’IndustriALL Global Union, Uni Global Union et la Confédération Syndicale Internationale, fait suite aux entretiens du 19 février entre les entreprises de confection et plusieurs ministres sur l’instabilité du secteur de l’habillement après les répressions des grèves du mois de janvier ayant entraîné la mort de plusieurs personnes.

Dans leur lettre, les marques de vêtement font état de rapports sur l’impossibilité des syndicats à s’immatriculer auprès du ministère du Travail et la non reconnaissance par le gouvernement de tout nouveau syndicat jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi, ce qui impose des restrictions supplémentaires aux groupes de travail.

“L’adoption de la loi sur les Syndicats (doit être) conforme aux conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (O.I.T.), pour l’établissement de relations industrielles efficaces. Elles y ajoutent leur souhait de voir entrer le projet de loi dans un processus global.

Au début de la semaine, le ministre du Travail Ith Sam Heng a donné des assurances que la loi serait conforme à la Convention 87 de l’O.I.T. portant sur la liberté et la protection du droit syndical ratifié par le Cambodge en 1999.

Toutefois le ministre a averti qu’elle devait être adaptée “à la situation du Cambodge” en se référant à la Convention. Il n’a pas mentionné non plus la Convention 98 relative aux droits d’organisation et de négociations collectives.

Dans ce contexte, “nous sommes très préoccupés par les récents rapports indiquant qu’aucune nouvelle immatriculation de syndicat n’a été déposée en 2014 et qu’il n’y en n’aura pas avant la ratification de la nouvelle loi” ont ajouté les marques.

“Nous trouvons que cette démarche n’est pas en accord avec le processus que nous avions approuvé lors de la réunion et cela ne nous semble pas évoluer de manière constructive.”

Les marques appellent aussi à des discussions sur l’augmentation du salaire minimum mensuel à 100 dollars. De même, elles craignent que les poursuites intentées par les propriétaires d’usines aux syndicats pour les dommages causés aux biens publics n’attisent davantage les tensions.

Des déclarations des représentants des 3 syndicats internationaux ont été jointes à la lettre adressée également à M. Sam Heng, au Premier Ministre Hun Sen et au ministre du Commerce Sun Chanthol.

“Actuellement au Cambodge, la liberté d’association subit de graves attaques » a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats (ITUC).

Nous voulons tous voir une industrie du vêtement stable, le gouvernement et les patrons doivent respecter la liberté d’association. Les syndicats au Cambodge et dans le monde feront campagne afin de s’assurer que les travailleurs cambodgiens puissent exercer ce droit fondamental.

Selon le porte parole du Conseil des Ministres Phay Siphan, la loi doit servir les travailleurs et les patrons et a présenté les syndicats comme des éléments incontrôlables :
“J’attends de cette loi qu’elle avantage aussi bien les travailleurs que les employeurs. Nous voulons voir les travailleurs comme un atout pour les employeurs. »

Traduction : Michelle Boileau
Source (Lauren Crothers/Cambodia Daily) : Fashion Labels Concerned By New Trade Union Law

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