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MH370: interview d’Anwar Ibrahim, leader de l’opposition

Onzième jour de recherche du MH730, et toujours aucune trace de l’appareil. Aucun problème moteur a priori, et toujours aucune trace d’éventuels pirates de l’air. Pour le chef de l’opposition, les suspicions convergent donc sur l’équipe de pilotage du Kuala Lumpur-Pékin.

Leur personnalité, leurs relations, leurs convictions politiques sont passées au crible. Il y a quelques jours, un tabloïd anglais révélait que le pilote était un membre de l’opposition, et suggérait même que la condamnation à cinq ans de prison du leader de l’opposition Anwar Ibrahim avait pu le pousser à commettre l’irréparable.

Quelques heures avant le décollage, Anwar Ibrahim avait été reconnu coupable en appel de sodomie sur un collaborateur, épisode perçu comme le dernier d’un complot politique visant à le déstabiliser depuis 15 ans. Ce mardi 17, dernières révélations dans les médias malaisiens : le pilote est un oncle lointain de la belle-fille d’Anwar Ibrahim qui habite à New York.

Anwar Ibrahim a confié à notre correspondante Carrie Nooten ne l’avoir appris que lundi, par un message via l’application mobile WhatsApp. Il y a en fait six degrés de séparation entre lui et le pilote. Mais il revient avec elle sur leur lien et la façon dont les autorités malaisiennes gèrent les recherches de l’avion.

Anwar Ibrahim : Bien sûr, nous sommes très touchés par cette tragédie, par les vies qui sont en jeu et le bien-être des gens. Mais les médias qui appartiennent au pouvoir, à la clique gouvernante, utilisent cet événement pour interdire qu’on parle de quoi que ce soit d’autre, y compris du « cas Anwar » et de ma condamnation. Bien sûr, nous l’acceptons car je pense que la priorité, c’est la sécurité de l’équipage et des passagers. Mais ensuite, la façon dont le gouvernement, le Premier ministre, les ministres se sont chargés de l’affaire, ça a été horrible, très incompétent. Il y a eu une intrusion dans la sécurité du pays, des déclarations contradictoires sur les passeports volés utilisés.

La police dit quatre, la Malaysia Airlines dit deux. Et vous savez, j’ai été ministre des Finances par le passé, et je me rappelle qu’ils utilisent des radars Maconi au nord, qui auraient très bien pu détecter n’importe quel mouvement de la mer de Chine du Sud à l’océan Indien. Le Premier ministre n’est apparu qu’au bout de neuf jours ! On a dit qu’on recherchait un avion et un Premier ministre ! Cela prouve l’échec des personnes au pouvoir : elles ne savent pas gérer une crise. Tout cela montre bien une chose : notre gouvernance n’est plus seulement scrutée au niveau national, mais bien sûr la scène internationale.

Quel impact pensez-vous que cela puisse avoir pour le premier ministre Najib Razak sur la scène internationale ?

C’est le Vietnam qui a frappé le plus fort, en leur lançant un avertissement : si vous ne nous donnez pas d’informations, on arrêtera de vous aider. Les Chinois sont plus sévères que les Occidentaux contre la Malaisie, car ils disent : « On a perdu du temps et des ressources, parce que vous ne nous aviez pas dit que l’avion n’était pas en mer de Chine du Sud. »

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