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« Sarawak Geoportal» : la visualisation des données au service des forêts et des communautés indigènes

Un nouvel instrument du Bruno Manser Fonds publie des données complètes sur la déforestation en Malaisie et visualise pour la première fois la politique des ressources du Sarawak.

Dans l’État malais du Sarawak, sur l’île de Bornéo, il ne reste que 11 % des forêts primaires. Les cartes digitales contredisent ainsi les indications du chef du gouvernement du Sarawak Taib Mahmud, qui affirme qu’il resterait 70 % de la forêt pluviale. Depuis le début des années 80, le Sarawak pille ses forêts et fait régulièrement les gros titres internationaux en raison de ses grandes surfaces de plantations de palmiers à huile et de sa politique énergétique.
La politique des ressources à courte vue n’est pas le seul reproche formulé au gouvernement: son manque de transparence est aussi presque légendaire. Selon Lukas Straumann, directeur du BMF, le gouvernement «retient sciemment des informations importantes afin que les gens ne puissent pas se faire justice. Ce manque de transparence est une stratégie de l’élite dirigeante pour s’accaparer les ressources.» Le géoportail veut aller à l’encontre de cette opacité en publiant les cartes correspondantes.

Grâce au portail en ligne, on voit pour la première fois le tracé du gazoduc de Petronas. Une information spectaculaire si l’on sait que l’entreprise pétrolière n’a jamais rendue publique sa situation exacte, en dépit du fait que l’on savait que 21 villages penans étaient concernés par la conduite et que quelques villages avaient réagi à la construction en érigeant des barrages.

La plate-forme Internet offre aussi une vue sur les projets de travaux du groupe énergétique étatique Sarawak Energy Berhad et ses 12 barrages hydroélectriques planifiés (pour certains déjà construits). Sarawak Energy a essuyé les feux de la critique en raison de sa politique d’information: l’entreprise n’a informé qu’à court terme les villages concernés des déplacements de population nécessaires en raison de l’inondation de 250 km2 de forêt tropicale due au barrage de Murud. Les cartes géographiques permettent aujourd’hui à la population autochtone du Sarawak de connaître à temps si elles sont concernées par un des barrages planifiés.

Par ailleurs, tant les populations locales que la communauté internationale peuvent y trouver au moins 5400 localités, près de 1500 rivières, plus de 500 routes et différents types de végétation. Grâce aux cartes historiques, basées sur les images aériennes de la British Airforce, on voit clairement quelles régions étaient déjà exploitées par les autochtones avant le Sarawak Landcode (1958). C’est un élément clé pour la population autochtone, car cela renforce sa position dans les plaintes territoriales, démontrant qu’elle avait vécu sur ces terres avant 1958.

Le Bruno Manser Fonds affiche une certaine fierté de présenter au public un outil d’une telle modernité, par ailleurs unique pour le Sarawak, et espère ainsi atteindre de nombreux utilisateurs au Sarawak ou ailleurs.
Le géoportail du Sarawak est accessible depuis notre nouveau site Internet ou au lien suivant: www.bmfmaps.ch/EN/composer/#maps/1001
Une vidéo de présentation est disponible à l’adresse suivante: http://www.bmfmaps.ch/IGIS_UserVideo.mp4
Par ailleurs, le géoportail fait partie intégrante du nouveau site Internet du Bruno Manser Fonds. Celui-ci donne désormais une vue d’ensemble complète sur les activités du BMF et offre une somme d’informations intéressantes et de belles images. L’adresse d’accès du site n’a pas changé: www.bmf.ch

Le Bruno Manser Fonds (BMF) s’engage en faveur de la protection des forêts pluviales menacées et des droits des groupes autochtones. L’organisation concentre ses activités au Sarawak, la partie malaise de Bornéo, où son fondateur, l’activiste environnemental suisse Bruno Manser, a vécu plusieurs années avec le peuple nomade des Penan avant de disparaître en 2000 dans la forêt pluviale.

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